dimanche 9 octobre 2016

Les soeurs sont-elles libres de fonctionner ?

Par Jon Zens


Source : http://www.searchingtogether.org/ et http://www.jonzens.com/

Une exploration des préoccupations de Paul en 1 Timothée 2:11-15

Dans l’histoire de l’Église, 1 Timothée 2:12 a été utilisé sans relâche comme une preuve pour régler de façon rapide et décisive le ministère des femmes dans les congrégations.


En 1987, l’Assemblée du pasteur Nancy Sehested a été mise hors de l’Association de Memphis des Églises baptistes du Sud, et 1 Tim.2:12 a été utilisé comme un élément clé à la base de cette décision.

En 2006, Sheri Klouda a été renvoyée du Southwestern Theological Seminary de Fort Worth au Texas. Elle enseignait l’hébreu au séminaire, mais – basé sur 1 Tim.2:12 – il a été conclu que les femmes ne devaient pas enseigner à des hommes.

Un examen honnête des preuves révèlera que l’utilisation traditionnelle de 1 Tim.2:12 pour réduire au silence les croyantes est sans fondement; et que cette interprétation a causé des dommages incalculables sur la santé du corps de Christ sur terre.


Tout le monde admet que 1 Tim.2:11-15 est un texte difficile à tous les niveaux – contextuel, culturel, linguistique, grammatical et conceptuel. Néanmoins, pour ceux qui désirent réellement la lumière qui vient de la Parole de Dieu, on peut avoir assez de clarté pour découvrir les à priori erronés et pour dénoncer les préjugés qui sont derrière l’interprétation traditionnelle de 1 Tim.2:12.

Ce texte a véritablement été utilisé pour porter atteinte la moitié du peuple des croyants. Les preuves sont telles qu’il me semble que les enseignants de la Bible et que les dirigeants d’église feraient bien de revisiter l’application actuelle qu’ils font de 1 Tim.2:11-15, qui pourrait être erronée.


Comment le Nouveau Testament dans son ensemble considère les femmes?


Avant d’en venir à 1 Tim.2:12, qui est souvent considéré comme un texte contraignant en ce qui concerne les femmes, il est impératif de revoir l’image particulièrement positive des filles d’Abraham qui est dépeint dans le Nouveau Testament (Luc 13:16).

Cette information ne peut être rejetée ou oubliée lorsque nous étudions les deux passages (1 Cor.14:34-35 et 1 Tim.2:12), qui mentionnent des préoccupations concernant les sœurs.

Ni les récits évangéliques, ni les paroles de Jésus n’ont jamais imposé de restrictions sur le ministère des femmes.

Jésus acceptait pleinement les femmes comme ses disciples et elles l’accompagnaient dans ses voyages avec les disciples masculins (Luc 8:1-3). Ces femmes soutenaient aussi la mission de Jésus avec leurs propres ressources.

Ces faits sont beaucoup plus importants que cela ne paraît à première vue. Au premier siècle, il était inimaginable pour un rabbin juif d’avoir des femmes disciples. Luc rapporte cette réalité d’un ton plutôt neutre, mais cette bande constituée de femmes, d’hommes et de Jésus n’était vraiment pas «casher» pour les gens curieux, alors qu’ils allaient dans les villes et les villages.(1)

Après que Siméon eu prit l’enfant Jésus dans ses bras et vu le salut de Dieu, Anne la prophétesse « rendit grâce à Dieu et parlait de lui Jésus à tous ceux qui attendent la rédemption de Jérusalem » (Luc 2:25-38).

Anne n’a pas annoncé Christ seulement aux femmes, mais à « tous ».

Jésus a applaudi les efforts d’évangélisation de la Samaritaine (Jean 4:35-38).


Après que Jésus se soit révélé à elle, elle laissa sa cruche au puits et elle se rendit dans sa ville pour proclamer le Messie aux hommes, aux femmes et aux enfants (Jean 4:28-29). Tout le monde à Sychar connaissait son histoire de relations brisées, et pourtant elle proclamait courageusement que Jésus était le Messie – le Rédempteur, même pour ceux en-dehors du judaïsme !

Lors de la crucifixion de Jésus, les disciples masculins ont fui, mais les femmes sont restées et elles ont aidé à faire sa sépulture (Matt.27:55-56, 61; Marc 15:40-41; Luc 23:55-56; Jean 19:25-27).

Le témoignage d’une femme n’était pas admis comme preuve devant les tribunaux du temps de Jésus.
Pourtant, le Seigneur a choisi des femmes pour être les premiers témoins et celles qui ont annoncé en premier sa résurrection


(Jean 20:1-2, 11-18; Luc 24:1-11, 22-24; Marc 16:1-8; Matt.28:1 -11).

Après l’ascension de Christ, 120 hommes et femmes ont prié ensemble et ont choisi un remplaçant pour Judas Iscariot (Actes 1:14-15).

L’Esprit est venu sur les 120 disciples, et ils parlaient des œuvres admirables de Dieu dans de nombreuses langues étrangères (Actes 2:1-4).

Certains pensaient que les événements du jour de la Pentecôte étaient dûs à un excès de vin, mais Pierre insista sur le fait qu’il s’agissait de l’accomplissement de la prophétie de Joël :

« Vos fils et vos filles prophétiseront,… Oui, sur mes serviteurs et sur mes servantes, dans ces jours-là, je répandrai de mon Esprit; et ils prophétiseront.» (Ac 2:17-18).

Il n’y a aucune indication dans le texte que les hommes auraient la possibilité de prophétiser librement, mais que les femmes seraient limitées à certains égards.

Philippe l’évangéliste avait quatre filles vierges qui prophétisaient (Actes 21:9). Nous ne serions pas dans l’erreur si nous supposions qu’il y avait certainement plusieurs autres sœurs qui avait ce don, et pas seulement les filles de Philippe.

Paul confia sa lettre aux Romains à Phœbé, et c’est elle qui l’a acheminée. Elle était diacre dans l’assemblée de Cenchrées et Paul avait le plus grand respect pour elle (Rom.16:1-2). Paul la reconnaissait comme un prostatis, ce qui implique l’idée de leadership (cf. 1 Thess.5: 12).

Paul désigne Priscille et Aquilas comme ses « compagnons d’œuvre » (Rom.16:3). Le même mot est utilisé pour parler de gens comme Timothée et Tite.

Junia et Andronicus (femme/mari ou sœur/frère) ont été qualifiés par Paul comme jouissant « d’une grande considération parmi les apôtres » (Rom.16:7). Ils étaient ses parents et avait été en prison avec lui. Il y avait des gens appelés «apôtres» qui n’étaient pas parmi les douze, comme Barnabas et Paul.


Junia était également parmi ces ouvriers apostoliques. Il n’y a aucune raison de penser qu’elle était la seule femme à être apôtre.

Parmi tous les gens salués par Paul dans Romains 16, dix étaient des sœurs parmi lesquels se trouvaient «Tryphène et Tryphose (qui étaient peut-être jumelles), qui travaillent pour le Seigneur» (Rom.16:12).

Conformément à Actes 2:17-18, Paul encourageait les frères et les sœurs à prophétiser dans les assemblées d’église (1 Cor.11:4-5; 14:23-24).

Dans les réunions ouvertes décrites dans 1 Cor.14, Paul parle de tous les hommes et les femmes de l’assemblée – « toute l’assemblée » – « chacun de vous » – « vous pouvez tous prophétiser ».
Il dépeint une assemblée qui fonctionne ensemble de façon à s’encourager.

Gal.3:28 indique « qu’en Christ » les distinctions humaines telles que celle entre les hommes et les femmes, ne sont désormais plus une norme dans l’église. Au premier siècle, les préjugés abondaient dans l’esprit des gens envers certaines personnes comme les « Gentils », les « Juifs », les « esclaves » et les « femmes ». Paul dit que dans le Corps de Christ, cela ne devrait pas être le cas.

Les femmes occupent une place importante dans l’assemblée de Philippes, à commencer par la maison de Lydie. En Phil.4:3 Paul demande à deux sœurs – qui avaient fort probablement une certaine influence spirituelle dans le corps – d’être en paix l’une avec l’autre. Il appelle Évodie et Syntyche celles «qui ont combattu pour l’Évangile avec moi», ainsi que ses « compagnons d’œuvre ».

– 2 Jean est une lettre adressée à « la dame élue et ses enfants .» Il s’agit probablement d’une sœur respectée dont la maison servait à la réunion des saints. Elle aurait apparemment exercé une influence spirituelle considérable sur un certain nombre de personnes.


– En Apocalypse 2:20-24 Jésus réprimande la congrégation de Thyatire de permettre à une fausse prophétesse surnommée « Jézabel », « d’enseigner » à certains serviteurs du Seigneur à pécher gravement. Si c’était une erreur pour une femme que d’enseigner les frères, pourquoi le Seigneur n’a-t-il simplement pas condamner l’Assemblée de permettre à une femme d’instruire les autres? Cet incident de Thyatire indique que l’Assemblée permettait à d’autres hommes et femmes prophètes d’enseigner la vérité.

Le problème qu’avait Christ avec cette église n’était pas qu’une femme enseigne, mais que cette femme enseignait des fausses doctrines.

Nous reviendrons sur ce passage dans notre étude de 1Tim. 2:12.

Cette vue d’ensemble de la vision du Nouveau Testament à propos des femmes est importante, car elle révèle la liberté d’action des sœurs dans le royaume. Dans l’atmosphère du Nouveau Testament, les «restrictions» envers les filles de Christ ne semblent pas être un sujet de débat.

Épîtres « pastorales » ?

Avant d’en venir à notre passage de 1 Timothée, il est essentiel de noter que la tradition de désigner les 2 épîtres à Timothée et Tite comme des « épîtres pastorales » est très erronée. Un auteur appelle même Timothée un « jeune pasteur ».(2) Timothée et Tite n’étaient pas des pasteurs, ni des anciens. Ils étaient des assistants apostoliques itinérants. Paul dans un passage dit à Timothée de « faire le travail d’un évangéliste » (2 Tim.4: 5). Dans ses trois lettres, Paul donne à ses compagnons d’œuvre des instructions.

Pourquoi la première épître à Timothée a-t-elle été écrite ?

L’objectif de 1 Timothée est énoncé par Paul au chapitre un:

« Je te rappelle l’exhortation que je te fis, à mon départ pour la Macédoine, lorsque je t’engageai à rester à Éphèse, afin de recommander à certaines personnes de ne pas enseigner d’autres doctrines, et de ne pas s’attacher à des fables et à des généalogies sans fin, qui produisent des discussions plutôt qu’elles n’avancent l’œuvre de Dieu dans la foi. »

– « La clé pour comprendre la lettre », note Gordon Fee, «consiste à prendre au sérieux cette raison que Paul donne dans 1 Tim 1:3. Il laissa Timothée à Éphèse pour combattre certains faux docteurs, dont l’ascétisme et les absurdités fondées sur la loi engendraient des dissensions et faisaient en sorte qu’un grand nombre de croyants étaient séduits par ces fausses doctrines.» (3)

La première épître à Timothée n’est pas un manuel pratique pour un pasteur. C’est le mandat d’un assistant apostolique pour traiter de questions graves impliquant des fausses doctrines à Éphèse.

Malheureusement, certaines femmes étaient impliquées dans ce problème.

Le contexte immédiat de 1 Timothée 2:11-15

Si on considère la structure de base que Paul a utilisée dans cette section (2:1-15), on peut noter les points suivants (j’ai essayé de suivre de près le grec dans la traduction des versets de 1 Tim.2:1-15):

– « Je vous exhorte (toute l’assemblée à prier) … afin que nous puissions vivre une vie paisible et tranquille. » (v.1-2)

– « Je veux que les hommes (au pluriel) prient . . . » (v.8)

– « De même, je veux que les femmes (au pluriel) (prient) dans des vêtements adéquats . . . » (v.9)

– « Que la femme (au singulier) apprenne dans la tranquillité . . . » (v.11)

– « Mais je ne permets pas maintenant à une femme (au singulier) d’enseigner dans le but de dominer un homme (au singulier), mais elle doit rester dans la tranquillité » (v.12)

– « En effet, Adam (au singulier) a été formé le premier, Ève ensuite (au singulier) » (v.13)

– « Mais elle (au singulier) sera délivrée au travers de l’enfantement si elles (au pluriel) demeurent dans la foi » (v. 15).


Le même mot grec, hesuchia (silence), est utilisé dans le verset 2, en faisant référence à tous les croyants qui doivent mener une vie tranquille, au verset 11, en disant qu’une femme doit apprendre dans le calme, et au verset 12, en référence à une femme qui reste dans le calme. En réalité, ce mot ne signifie tout simplement pas « silence ». Le verset 2 de toute évidence ne signifie pas que nous devrions avoir une vie « silencieuse », mais plutôt une vie dans laquelle nous ne sommes pas connus pour être des mauvaises personnes.


Ainsi donc, toutes les versions de la Bible qui rendent la femme « silencieuse » (2:11-12) révèlent un certain degré de partialité, et sont des traductions très imprécises qui laissent une impression à l’esprit qui n’est pas du Seigneur.

Apparemment, la congrégation d’Éphèse était criblée de faux enseignements et il y avait un certain niveau de désordre. On comprend, alors, pourquoi Paul mettait l’accent sur la prière parmi les frères, et ensuite qu’il décrive le plan de salut de Dieu pour le monde en Christ (v.3-7).

Le contraste entre les prières dans les assemblées chrétiennes et celles dans les synagogues juives doit être souligné. Les Juifs, au premier siècle, étaient sous la domination romaine. Leurs prières dans les synagogues étaient axées sur la destruction de leurs ennemis païens, et non pas leur salut. Paul par contre exhorte l’assemblée à intercéder en faveur des gens qui sont au pouvoir et pour le salut des gens partout dans le monde.

Principales observations sur 1 Timothée 2:11-15

Pour essayer de comprendre ces versets, je dois énormément au travail ardu de plusieurs autres (voir la liste dans « Sources proposées »). À part quelques possibles explications que j’aie pu voir moi-même, dans la plupart des cas je ne fais que porter mon attention sur des points fondamentaux qu’ils ont exploré grâce à leur recherches diligentes.

Je vais structurer mes commentaires en faisant la comparaison entre l’interprétation traditionnelle de ce passage et les correctifs qu’il me semble justifié d’apporter à cette tradition. Je fais appel à vous pour suivre mon exposé avec un cœur ouvert et avec la volonté d’examiner les éléments de preuve qui sont exposés.

Il y a de nombreuses croyances et plusieurs couches de traditions qui doivent être passées au crible. Comme le dit John R.W. Stott:

– « À mon avis, une personne est vraiment radicale lorsqu’elle est prête à confronter les traditions et les pratiques qu’elle a hérités à la lumière de la Bible. » (4)

– « Il se pourrait bien que beaucoup de choses que nous qualifions de chrétiennes » note Bill White, « devrait en fait être abandonnées à la lumière de ce que nous apprenons dans la Bible. . . Approchons donc l’Écriture avec un esprit et un coeur ouverts, et découvrons ce que Dieu veut nous ré-apprendre et ce qu’Il veut renouveler. » (5)

Il nous faut être honnêtes et admettre que nous luttons tous pour nous débarrasser de vieilles croyances et pratiques que nous avons apprises, pour laisser la place aux nouvelles choses qui nous sont révélées.

1 Tim.2:11 – « Que la femme écoute l’instruction en silence, avec une entière soumission.»

Interprétation traditionnelle: 

Le mot hesuchia a été traduit par « silence », ce qui signifie que les femmes ne parlent pas dans les réunions de l’assemblée. « En toute soumission » est interprété pour signifier que les femmes doivent être des réceptrices passives, et non des participantes actives.

Correctifs:
Hesuchia signifie « tranquillité », et non « silence ». De plus, dans 1 Tim.2:2 la signification de ce mot est bien: que tous les croyants mènent une « vie tranquille ».

En 1 Thess.4:11, Paul instruit tous les frères, « à mettre votre honneur à vivre tranquilles, à vous occuper de vos propres affaires, et à travailler de vos mains ». L’apôtre exhorte les croyants qui ne travaillent pas à « manger leur propre pain, en travaillant paisiblement ». (2 Thess.3: 12)

– Comme la « tranquillité » devrait être une qualité qui caractérise tous les saints, le fait que Paul mentionne qu’une femme doit apprendre dans la tranquillité, n’indiquerait-il pas qu’il y avait des circonstances particulières qui exigeaient cette instruction ? N’est-il pas clair, dans le contexte, que les hommes aussi avaient besoin d’une dose de tranquillité ? En effet, ils sont exhortés à prier « sans colère ni mauvaises pensées » (v.8).

– Le fait que hesuchia ne signifie pas « silence » illustre l’utilisation inconsidérée des Écritures par ceux qui, avec plein de confiance et de dogmatisme cite 1 Tim.2:12 pour mettre fin à toute discussions supplémentaires. Examinons deux exemples de tels abus, un par une personne du « clergé » et un autre par un « laïc ».

1) En 1970, le théologien réformé britannique Donald MacLeod statua (En 1 Tim.2 :11-14) : « il est expressément interdit à la femme d’aspirer aux charges d’enseignement et de leadership. Elle doit demeurer soumise, elle doit être quelqu’un qui écoute l’instruction, elle doit se taire. Paul ne qualifie pas cette dernière injonction en aucune façon. . . . L’injonction de silence, donc, est complète. Les femmes ne doivent pas enseigner, ni décider, ni diriger la prière publique de la congrégation.» (6)

Ses remarques intimidantes sont fondées sur l’hypothèse erronée que hesuchia signifie « silence ».

Tout ce qu’il dit est construit sur des bases fausses. En connaissant bien le grec, il aurait pu savoir, mais en fait il ne semble pas vraiment se soucier de ce que signifie réellement le mot hesuchia dans les versets 11 et 12.

La traduction erronée des versets convenait à sa vision des choses, il a donc utilisé cette traduction.

2) Dans une lettre à un éditeur, «frère Richard» était en colère envers des « libéraux » qui soulignaient la mention d’une femme apôtre dans Romains 16:7 et argumenta avec ce qu’il pensait être l’argument décisif sur la question:

– « Ces libéraux, de toute évidence, n’acceptent pas la proclamation de la Réforme « Sola Scriptura », comme un principe fondamental de la foi luthérienne. Vous n’avez pas besoin de fatiguer votre cerveau pour comprendre 1 Timothée 2.12, qui affirme sans équivoque: « Je ne permets pas à la femme d’enseigner, ni de prendre de l’autorité sur l’homme; mais elle doit demeurer dans le silence ». Supprimez cela ou toute autre phrase de la Bible et vous êtes maintenant libre de dire ou faire ce que vous voulez. Sola Scriptura ! »(7)

Vous pouvez voir comment un tel dogmatisme est basé sur (a) une traduction erronée des versets 11 et 12 et (b) des enseignants de la Bible comme MacLeod qui perpétue une fausse compréhension de ces versets.

Citer un verset des Écritures de cette façon n’est-il pas similaire à la façon dont les sectes sortent un verset de son contexte pour construire de faux enseignements basés sur un verset ?

Certaines sectes font valoir que Christ n’est qu’un être humain avec un verset comme « le Père est plus grand que moi (Jésus) » et mettent totalement de côté plusieurs autres textes qui confirment sa divinité.

Ceux qui prennent 1 Tim.2:12 comme un texte qui contient la preuve nécessaire pour arrêter le ministère des femmes sont coupables d’utiliser un verset pour annuler la claire révélation que nous avons de leur ministère dans plusieurs autres versets.

Dans ce cas, l’utilisation abusive de 1 Tim.2:11-12 est aggravée par le fait qu’ils imposent le « silence » aux femmes alors que le mot grec, hesuchia, n’a même cette signification. Utiliser un verset pour annuler plusieurs autres versets qui vont dans le sens contraire n’est pas une manière très prudente d’interpréter la Parole de Dieu.

– « avec une entière soumission» :

Encore une fois, le Nouveau Testament enseigne clairement que la « soumission » doit être une caractéristique de tous les croyants, et pas seulement les sœurs.

Rom.13:1,5, chaque personne doit être soumise aux autorités civiles.

1 Cor.14:32, les esprits des prophètes sont soumis aux (par la maîtrise de soi) aux prophètes.

1 Cor.16:15-16: « les frères doivent se laisser conduire (version du Semeur) par ceux qui partagent leur travail et leurs efforts ».

Eph .5:21: tous les chrétiens doivent se soumettre mutuellement les uns aux autres dans la crainte de Christ.

Jacques 4:7: nous devons tous nous soumettre au Seigneur.

1 Pierre 5: 5, « tous, dans vos rapports mutuels, revêtez-vous d’humilité »

Nous devons nous demander, si c’est seulement les femmes qui doivent apprendre en toute soumission ? Les hommes apprennent-ils d’une manière différente, sans la soumission ? La « tranquillité » et la « soumission » ne sont-elles pas des qualités nécessaires pour quiconque veut apprendre ? Si c’est effectivement le cas, pouvons-nous supposer qu’il devait y avoir un problème avec certaines femmes, ou une femme, ce qui expliquerait pourquoi Paul ait eu à émettre cette directive spéciale !

– « Que la femme écoute (grec: manthano) . . . »

Nous ne devons pas oublier que l’enseignement dans l’Église primitive n’était pas donnée seulement par les hommes et qu’il n’était pas seulement de la prédication par une seule personne. C’était une expérience du corps entier à laquelle tous participaient. Nous avons déjà vu que les hommes et les femmes sont libres de prophétiser (Actes 2:17-18, 1 Cor.11:3-5). Paul écrit très clairement dans 1 Cor.14 qu’il voulait que la prophétie (par les deux sexes) joue un rôle central dans les réunions. Dans 1 Cor. 14:31, il écrit aux saints de la manière suivante:

«vous pouvez tous (hommes et femmes) prophétiser successivement, afin que tous (hommes et femmes) soient instruits (manthano) et que tous soient exhortés. »

Dans le Nouveau Testament, même les chants servent à l’enseignement et l’encouragement (Eph.5:19; Col. 3:16).

– Nulle part dans le Nouveau Testament, il est interdit aux sœurs de contribuer à l’apprentissage des autres par leurs dons et les grâces qu’elles ont reçus de Dieu. Ainsi donc, la préoccupation exprimée Paul dans 1 Tim.2:11-12 est probablement expliquée par les problèmes rencontrés dans la congrégation d’Éphèse. Certaines femmes, ou une femme, étaient impliquées dans de faux enseignements et avaient besoin d’être dans une position d’apprentissage. Cependant, en situation normale, l’assemblée bénéficie de la contribution des frères et des soeurs, et cela la fait grandir.

Donald Joy fait la remarque suivante qui me semble brillante:

– « Nous sommes toujours limités lorsqu’un groupe de gens du même sexe se réunit , discute, ou prend des décisions, parce qu’alors seulement une partie des possibilités de la personnalité humaine semble en fait être présente. Donc, lorsque des décisions urgentes sont prises, nous désirons certainement que les deux sexes soient présents . . . » (8)

– Il est à noter que d’un point de vue pratique la notion traditionnelle relative aux notions de « chef de la femme » et de « soumission de la femme » ont été parmi les concepts le plus mal interprétés de l’histoire de l’église. Dans le passé et encore aujourd’hui, il est très facile pour les hommes qui sont contrôlants d’utiliser la notion de « chef » comme une justification « biblique » pour maintenir les femmes sous leur contrôle.

On ne peut nier que le Nouveau Testament utilise certains mots pour parler de la relation conjugale.

Mais est-ce que la signification qu’avaient ces mots pour les auteurs du Nouveau Testament est la même que celle que leur ont donné les théologiens à travers l’histoire ?

Par exemple, plusieurs croient que l’expression « chef de la femme » (1 Corinthiens 11, Éphésiens 5) signifie que le mari a « autorité sur » l’épouse, et il y en a aussi plusieurs qui pensent que cela signifie que toutes les femmes doivent être soumises à tous les hommes !

Dans ma propre expérience, j’ai souvent vu l’importance de ce que le Nouveau Testament enseigne en réalité, ce qui va souvent à l’encontre des traditions qui ont été ajoutées qui très fréquemment nous influencent lorsque nous lisons le texte biblique. La régression qui s’est produite par rapport aux femmes à l’époque post-apostolique peut être comparée à ce qui s’est passé dans d’autres aspects doctrinaux et pratiques.

Par exemple, le repas du Seigneur a été transformé: d’un repas que les chrétiens prenaient ensemble pour se rappeler du Seigneur, il est devenu un « sacrement sacré » compliqué administré par un membre du clergé. (9)

La différence monumentale, cependant, entre une chose telle que le repas du Seigneur et ce qui est arrivé aux femmes, c’est que la moitié de l’Église a été rendue inférieure et inutile.

Il semble apparemment que nous pensons que l’expression « chef de la femme » signifie « avoir l’autorité sur quelqu’un » et que cette expression serait reliée à la prise de décision. Mais au premier siècle, les décisions étaient prises par le « cœur », et non par la « tête » (10), et il y a beaucoup de preuves pour suggérer qu’ « avoir l’autorité sur quelqu’un » n’était généralement pas liée à la notion de « chef ».(11)

Plusieurs supposent que le fait que l’homme soit « le chef de la femme » mène à la répression des dons de l’épouse. Cependant, l’Écriture ne confirme pas une telle opinion déséquilibrée. Hulda et Deborah étaient des prophétesses, mais cela ne les a pas empêché d’être des épouses pieuses.

La plupart des gens ignore une réalité historique très significative. Paul a en effet utilisé les mots «tête
» et «soumission» en référence aux maris et aux épouses.

Il y a, cependant, un gouffre énorme entre ce que Paul avait à l’esprit avec ces mots et comment ils ont été dénaturés et mélangés à la philosophie grecque classique du « dualisme entre l’esprit et le corps » par les pères de l’église afin de supprimer totalement les femmes à la maison et dans l’Église.(12)

Les hommes étaient liés à « l’esprit » (spiritualité) et les femmes au « corps » (luxure). Ainsi Origène enseignait
que « les femmes sont plus étroitement reliées à la chair que les hommes et donc pas autant spirituelles », et Augustin « relie les femmes avec le mal et la chair qui doivent être contrôlés par l’esprit, qui selon lui était supérieur chez les hommes.»(13)

Ainsi, « le but du salut était de libérer l’âme pure du corps matériel mauvais.» (14)

L’état de célibat fut exalté sur la base de cette « spiritualité platonique » qui élèverait les choses invisibles et dénigrait le corps. La vie qu’on croyait la plus spirituelle et qui se répandait de plus en plus dans l’église était une vie de séparation par rapport au sexe. Dans la vie quotidienne, cela signifiait : « demeurez loin des femmes, car elles sont la porte d’entrée dans la luxure et la débauche ». (15)

« ‘Les femmes sont assimilées à la définition du péché. Le principe corporel est vu (chez Philon et les pères de l’église) comme si intrinsèquement démoniaque que la grande route vers le salut exige la répression de la vie corporelle, de même qu’une vie ascétique et de vierge. La sexualité et la procréation correspondent à la sphère inférieure de la corruption. . . . le domaine charnel était considéré comme féminin. . . . la femme, même les religieuses, (est considérée) comme l’incarnation dangereuse du «principe de chair. » (16)

À la suite de cela, la sexualité féminine était considérée comme :

« responsable de la chute suite à la création et de la descente de l’âme humaine vers la perdition. » (17)

Le fait de voir les femmes avec dédain et comme la voie vers le péché a conduit nécessairement à leur subordination aux hommes.

« Comme la féminité était assimilée au corps, qui est inférieur, il s’ensuit naturellement que la femme doit vivre dans la soumission à l’homme d’une façon hiérarchique, de la même façon que le corps doit être soumis à l’esprit.» (18)

Cette dégradation des femmes a conduit plusieurs théologiens à se demander si les femmes étaient des entités séparées des hommes en tant qu’image de Dieu. De plus, puisque les femmes étaient considérées comme des « êtres inférieurs », les maris ont obtenu le droit de corriger ou de châtier leurs épouses. Cela « a donné la sanction religieuse et juridique pour justifier le contrôle absolu de l ‘« esprit masculin » sur le « corps féminin », sous la forme de la violence physique. » (19)

Ainsi, une théologie pervertie conduisit l’église a approuver la violence envers les femmes.

Le Concile de Toledo en l’an 400 « décréta que (les membres du clergé) ont le droit de battre leurs femmes plus durement que les fidèles ordinaires: « Un mari est tenu de châtier sa femme modérément, à moins qu’il soit (un membre du clergé). Dans ce cas il peut la châtier plus fort.» Un autre passage précise que « si les épouses de membres du clergé transgressent les ordres de leur mari, ils peuvent les battre, les garder emprisonnées dans leur maison et les priver de nourriture, mais pas jusqu’à la mort.» (20)

Cela nous aide à comprendre pourquoi les dirigeants de l’église étaient si insouciants quand il s’agissait de violence envers les femmes. Une lettre de Jean Calvin à l’épouse d’un mari violent reflète la dureté de cœur et de l’insensibilité à la souffrance des femmes quand il a écrit:

« Nous avons une sympathie particulière pour les femmes qui sont maltraitées et violentées par leurs maris. . . . Nous ne sommes cependant pas autorisés par la Parole de Dieu à conseiller à une femme de quitter son mari, sauf en cas de nécessité; et nous ne pensons pas que le fait qu’un mari se comporte violemment envers sa femme et qu’il la menace puisse être considéré comme une nécessité, et ce même s’il la bat, sauf s’il y a un péril imminent pour sa vie. . . . Nous les exhortons à prendre sur elle avec patience la croix que Dieu a jugé bon de lui faire porter, et aussi de ne pas s’écarter de l’obligation qu’elle a devant Dieu de plaire à son mari, et d’être fidèle, quoi qu’il arrive ». (21)

Cette vision pervertie des femmes s’est enracinée dans la théologie de l’église catholique romaine, et est amplement documenté dans un texte de Uta Ranke-Heinemann Eunuchs for the Kingdom of Heaven: Women, Sexuality, & the Catholic Church (Doubleday, 1990, 360pp.).

Il est impératif de garder à l’esprit que la nature même des croyances à propos des femmes dans la théologie traditionnelle sont suspectes.

Tenter de lier les conceptions de Paul quand il parle de « chef » et de « soumission » à ce qu’écrit Tertullien, Augustin, Jérôme et plusieurs autres n’est pas possible. Il n’y a pas de lien entre l’enseignement de Paul et la théologie platonicienne « anti-corps » qui est venue par la suite, et qui a fini par dominer la pratique de l’église.

Une telle déconnexion est illustrée de façon frappante lorsque Donald MacLeod relie d’une manière simpliste les conceptions passées à propos femmes avec les déclarations du Nouveau Testament.

« Jusqu’à une époque relativement récente, il y avait pratiquement une unanimité parmi les chrétiens à savoir que les femmes devaient être exclus du ministère ordonné dans l’église. . . . La pratique traditionnelle de l’église peut se prévaloir du soutien explicite de plusieurs passages du Nouveau Testament.» (22)

La dernière phrase de MacLeod est trompeuse et dangereuse. Comme nous l’avons vu, « la pratique traditionnelle de l’Église » considéraient les femmes comme des êtres inférieurs – utilisées par le diable – qui doivent être maintenues soumises par une hiérarchie masculine.

La violence physique envers les femmes a donc été approuvée par l’église. Cette oppression terrible des femmes était basée sur une philosophie platonicienne, et non pas sur une certitude théologique. Une telle diminution de la femme ne peut prétendre avoir le soutien explicite d’un quelconque écrit du Nouveau Testament.

Ce que le Nouveau Testament dit sur les des sœurs et ce que les théologiens post-apostoliques ont dit sur les femmes sont deux mondes totalement différents.

De plus, la tradition de l’église statua que toutes les femmes doivent être soumises à tous les hommes. Le Nouveau Testament ne fait référence qu’à la relation du mariage quand il parle de « chef » et de « soumission ».

Lors d’une réunion à la Wesleyan Chapel en juillet 1848, à Seneca Falls, New York, une Déclaration concernant les femmes nota que « dans l’alliance du mariage, elle est obligée de promettre obéissance à son mari, celui-ci devenant, à toutes fins pratiques, son maître – la loi lui donnant le pouvoir de la priver de sa liberté et de lui administrer des châtiments » (23)

Encore une fois, nous voyons que le châtiment physique d’une femme était justifié par des hypothèses sur le mariage et protégé par la loi.

Nous est-il possible de commencer à comprendre pourquoi la plupart des épouses dans le monde grincent des dents quand elles entendent parler de la soumission des femmes aux autorités de l’Église ?

Ana Moreira Audilia de Campos en 1979 décrit la vie quotidienne des femmes rurales en El Salvador. Cette réalité est la même dans bien des endroits dans le monde.

« Les hommes qui gagnent peu ou pas de revenus n’ont rien pour être fiers à l’exception de leur virilité. Ils ne savent pas comment soulager leurs frustrations, de sorte que les femmes portent souvent le fardeau de leur mécontentement. Il n’y a absolument aucun respect pour la dignité humaine des femmes. Il est fréquent que leurs maris et leurs pères les battent, leur donne des coups de pied et les humilient des manières les plus vulgaires. . . . La majorité des hommes dans nos collectivités rurales parlent des femmes en utilisant les mots: « idiotes », « truies », « inutiles », « désobéissantes », « trompeuses », « déloyales », « paresseuses », « stupides » et « filles de putes » . . . . Si cela convient à son humeur, l’une des qualités ci-dessus sert comme une raison suffisante pour maltraiter son épouse. . . . À partir du jour de sa naissance, une femme est considérée comme inférieure. La naissance d’une fille est une grande déception. . . . Personne ne célèbre la naissance d’une fille. . . . Le travail de la femme ne finit jamais. Elle doit travailler au moins seize heures par jour pour remplir ses tâches. . . . Toutefois, les hommes pensent que le travail des femmes a peu de valeur. . . . Les femmes sont devenues la bêtes de somme de la nation, assumant les responsabilités fondamentales de la famille et de la société, pour que les hommes soient libres de faire le travail et les plaisirs qu’ils désirent. . . . Le mythe de l’infériorité des femmes continue de prospérer en raison des coutumes traditionnelles et de préjugés dans l’éducation qui conditionnent les deux sexes à croire que le sexe masculin est supérieur. . . . Cette infériorité nationale a été créé et imposée par les hommes. Sur le plan institutionnel, elle est entretenue et renforcée par le système scolaire, le gouvernement, l’église, la communauté et la famille. » (24)

Notez bien la dernière phrase : « Cette infériorité nationale . . . est entretenue et renforcée par . . . l’Église.»

Comment pouvons-nous être surpris de cela, compte tenu de la façon dont les femmes ont été traités dans l’histoire de l’Église ?

L’Église a ouvert la voie dans l’oppression des femmes.

Ce que Paul entendait par « soumission » n’a rien à voir avec la signification qu’elle a prit lorsque la notion platonique du corps vis-à-vis de l’âme a infiltré la théologie chrétienne.

Dans La subversion du christianisme, Jacques Ellul note que, lorsque l’église est devenue puissante, « tout ce qui représentait la faiblesse, ou l’infériorité (physique, social, …) passait au second plan. L’exemple le plus spectaculaire est celui de la femme. Elle va, après sa période d’indépendance acquise avant la diffusion du christianisme se voir reléguée au second plan. . . . plus on réprimait la liberté féminine, plus on accusait la femme (d’être la tentatrice de la Genèse, etc), plus on la réduisait au silence.» (25)

Ce statut inférieur des femmes dans l’ère post-apostolique n’a pas émergé en raison d’une étude attentive des Écritures. Elle est née par l’amalgame de forces politiques et philosophiques non-chrétiennes.

«Ce qui avait commencé comme un mouvement qui offrait la dignité et l’égalité aux femmes,» observe Ross Saunders, « est devenu une organisation presque totalement centrée sur les hommes.» (26)

Ainsi, le monde de Tertullien au IIe siècle n’était pas vraiment différente de la plupart des cultures dans le monde du 20e siècle :

« Dans notre société, les hommes contrôlent presque toutes les facettes de la vie. Autant dans le gouvernement que dans l’église, les partis politiques, les coopératives et les sports, ce sont les hommes qui gèrent les choses. » (27)

Pratiquer ce que le Nouveau Testament enseigne sur le mariage – être un, l’égalité, le mari comme « chef », la femme « soumise » – peut être difficile, surtout quand vous tenez compte de la chimie particulière de chacune des personnalités à l’intérieur du couple. Quand Paul parle de « en toute soumission » en 1 Tim.2 il ne semble pas qu’il fait référence au mariage. Il a probablement en tête la soumission à l’enseignement évangélique. Lorsque l’Apôtre mentionne la soumission de l’épouse en Eph.5:22, le lien intime de ce verset avec le verset 21 doit être souligné. Au verset 21, après avoir exhorté les chrétiens à vivre selon la vie de l’Esprit, Paul mentionne une dernière caractéristique de cette vie: la soumission.

La soumission mutuelle les uns aux autres dans le corps de Christ est une marque de la plénitude de l’Esprit.

Au verset 22, il n’y a pas de verbe – « Les femmes à leurs propre mari . . . » Le verbe est celui du verset 21 – « Les femmes à leurs maris (se soumettent) . . . » En Eph.5:22-33, le mari qui est le « chef de la femme » n’a rien à voir avec une « autorité sur » la femme. La plupart des instructions dans ce passage sont dirigées vers les maris, qui doit nourrir, aimer et de donner sa vie pour son épouse.

Sous le règne de l’Évangile, la relation mari-femme est un reflet de la relation entre Christ et son église.

Le standard n’est plus la guerre entre les sexes engendrée par le péché (Genèse 3:16), mais l’harmonie créée par l’évangile de l’époux et l’épouse qui travaillent ensemble sous la direction du Christ (1 Cor.7: 5).

Une réflexion plus approfondie sur le mariage, sur la notion de « chef de la femme » et sur la soumission peut être trouvée dans les ouvrages suivants: Patricia Gundry, Heirs Together: Mutual Submission in Marriage (Zondervan, 1980, 192pp.); John C. Howell, Equality & Submission in Marriage (Broadman, 1979, 140pp.); et I. Howard Marshall, “Mutual Love & Submission in Marriage, Col.3:18-19 & Eph.5:21-33,” Discovering Biblical Equality, Pierce & Groothuis, eds. (IVP, 2005), pp.186-204.

1 Tim.2:12 – « Je ne permets pas à la femme d’enseigner, ni de prendre de l’autorité sur l’homme; mais elle doit demeurer dans le silence. »

Interprétation traditionnelle: 

Ce verset est un commandement qui interdit en toute circonstances que les femmes enseignent aux hommes, et que si elles le font, elles sont coupables d’une usurpation grave de l’autorité de l’homme. Au lieu d’enseigner, les femmes doivent garder le silence.

Correctifs:
– D’abord, il faut souligner qu’il n’y a pas de commandement (impératif) de Paul dans ce texte. Les mots de la version Louis Second : « Je ne permets pas à la femme », peut certes sembler être un commandement, mais cela ne l’est pas. En fait, la phrase est au présent simple: « Je ne permets pas maintenant à une femme ….»

Cela pourrait impliquer un changement dans la stratégie de Paul à cause des problèmes qui existaient à Éphèse. Timothée avait travaillé avec Paul depuis des années et n’était pas habitué à entendre des restrictions envers les sœurs de la part de Paul. Mais maintenant, Paul annonce: « Je ne permets pas maintenant à une femme …».

– Tenir compte du contexte de l’assemblée d’Éphèse est très utile pour comprendre ce texte. Lisez Actes 18:34-20:1 et vous verrez que Paul a passé trois ans là-bas. Ce fut son plus long séjour dans une même ville au cours de ses voyages. Avec ce contexte à l’esprit, nous pouvons supposer que, pendant ses années à Éphèse – environ 54-57 après Jésus-Christ – les sœurs fonctionnaient avec les frères d’une façon semblable aux réunions décrites en 1 Cor.14. Ce n’était pas l’habitude de Paul que d’imposer des restrictions aux sœurs. Toutefois, les choses ont changé lorsque de fausses doctrines se glissèrent à l’intérieur et que certaines femmes ont été impliquées dans ces erreurs.

En conséquence, à cette époque, environ six ans après avoir quitté Éphèse (environ l’an 63), Paul doit annoncer à Timothée: «Je ne permets pas maintenant à une femme d’enseigner . . . »

– Après avoir quitté Éphèse, autour de l’an 58, Paul est allé à l’île de Milet (70 kilomètre au sud d’Éphèse) et a appelé les anciens de l’assemblée d’Éphèse. Dans son discours d’adieu, Paul ne mentionne aucune inquiétude à propos des sœurs, mais il les avertit:

«Je sais qu’il s’introduira parmi vous, après mon départ, des loups cruels qui n’épargneront pas le troupeau, et qu’il s’élèvera du milieu de vous des hommes qui enseigneront des choses pernicieuses, pour entraîner les disciples après eux.»(Actes 20:29-30).

Déjà en l’an 63, cela se réalisa, et Timothée fut laissé à Éphèse pour lutter contre la confusion créée par les faux docteurs et les fausses doctrines (1 Tim.1:3-4).

– Paul a écrit une lettre à l’assemblée d’Éphèse en 61. Cette épître est le summum de la description sublime que Paul fait du dessein de Dieu en Christ et dans son corps, mais il n’exprime pas de préoccupations au sujet des sœurs, ni aucune restriction les concernant ne sont mentionnées dans sa lettre.

– Autour de l’an 64-65, le Christ lui-même a fait envoyé une courte lettre à l’assemblée d’Éphèse qui est écrite dans Apocalypse 2:1-7. Jésus a exprimé ses préoccupations envers eux, mais les correctifs a apporter n’avait rien à voir avec le fonctionnement des sœurs. Ceci est significatif, car dans la lettre de Jésus à Thyatire, il était en colère contre le ministère d’enseignement d’une femme surnommée «Jézabel» (Apo.2:20).

– Deux infinitifs. Quand Paul dit: «Je ne permets pas maintenant à une femme…», c’est suivi d’une structure de phrase en ni …, ni qui inclut deux infinitifs, didaskein (enseigner) et authentein (dominer). Il faut se demander comment les deux infinitifs doivent être mis ensemble. Philip Payne et d’autres suggèrent que le meilleur agencement est celui d’un but ou d’un objectif. En d’autres termes, Paul, dans cette situation à Éphèse où certaines femmes propageaient l’erreur, ne voulait pas qu’elles enseignent dans le but ou l’objectif de dominer un homme.

Payne voit le plus proche parallèle anglophone à la manière dont deux infinitifs sont employés dans nos expressions hit’n run (frapper et courir – au baseball), eat’n run (manger et partir), et donc, « teach’n dominate » (enseigner et dominer) – enseigner dans le but de dominer (avec les fausses doctrines). C’est ce type spécifique de l’enseignement que Paul ne permet pas. (28)

– Il n’y a qu’une seule utilisation du verbe authenteo dans le Nouveau Testament et c’est le authentein à l’infinitif dans 1 Tim.2:12.

Traditionnellement, il a été traduit ainsi: « ni de prendre autorité sur l’homme ». Ce point de vue suppose que le fait même qu’une femme enseigne un homme est en soi un acte illicite qui viole l’autorité des hommes. Mais la Bible ne justifie nulle part une telle notion.

1) Déborah était prophétesse, juge et épouse. Elle demeurait assise sous son palmier et prononçait des jugements pour les hommes et les femmes qui venaient à elle pour les conseiller dans l’application de la loi de Moïse dans leur vie (Juges 2:16-19; 4:1 – 5:31).

2) Le roi Josias envoya un émissaire vers la prophétesse Houldah après que le livre de la loi ait été découvert. Elle leur a donné (et à Israël) la Parole de l’Éternel (2 Rois 22:14-20, 2 Chron.34:22-28).

3) Aussi nous savons que Priscille et Aquilas, ont expliqué la voie de Dieu plus exactement à Apollos dans leur maison à Éphèse (Actes 18:19-26). L’assemblée se réunissait également à Éphèse, dans la maison d’Aquilas et Priscille, et on peut certainement supposer qu’elle avait quelques paroles édifiantes à dire.

4) Lorsque les hommes et les femmes prophétisent dans une assemblée, Paul dit que « l’enseignement » est l’un des résultats. Les frères et sœurs apprennent constamment les uns des autres. En ce sens, il est clair que ce n’est pas mal pour les femmes de contribuer à l’apprentissage (manthano) des hommes.

S’il y a une loi divine qui dit que le fait que les femmes enseignent les hommes est un péché, alors il ne peut pas y avoir d’exceptions.

Cependant, il n’y a aucune préoccupation à cet égard exprimée dans les Écritures, et il y a manifestement des cas où les femmes ont appris des choses aux hommes. Dans Romains 12:6-7 où Paul énumère certains dons, il mentionne la « prophétie » et « l’enseignement ». Il n’y mentionne aucune restriction en lien avec le sexe – les hommes et les femmes peuvent être impliqués dans ces activités.

Il n’y a rien de mauvais en soi dans le fait que les femmes enseignent les hommes, mais il y a un problème lorsque les femmes enseignent l’erreur, ou qu’elles enseignent en vue de dominer sur les hommes.

Bien entendu, les mêmes préoccupations s’appliquent si les hommes enseignent l’erreur ou s’ils enseignent dans le but de dominer les autres !

– Mais la question essentielle qui doit être reconnue est que le mot authentein n’a tout simplement pas le sens de « exercer l’autorité ». Dans la littérature classique grecque avant Jésus-Christ, le mot était utilisé pour désigner un meurtrier ou à celui qui avait payé pour qu’un assassinat ait lieu. Linda Belleville observe:

– Si Paul avait voulu parler d’un exercice ordinaire de l’autorité, il aurait pu choisir plusieurs mots. Dans le domaine sémantique de « exercer l’autorité », les lexicographes bibliques JP Louw et Eugene Nida ont douze mots équivalant à cette définition, et pour les mots « régir » et « gouverner » il y a quarante-sept mots.

Pourtant Paul n’a choisi aucun d’eux. Pourquoi ?

La raison évidente est que authentein implique une nuance qui est particulièrement adaptée à la situation d’Éphèse (qui n’existe pas dans « régir » ou « exercer l’autorité ») . . . Louw et Nida placent « authenteo » dans le domaine sémantique de « contrôler, restreindre, dominer » et définissent le verbe comme suit: « contrôler de manière dominatrice »:

« Je ne permets pas une femme … de dominer un homme » (1 Tim.2:12). . . .

Ils notent aussi que
« authentein » peut se traduire par les expressions: « crier des ordres à »… ou « aboyer des ordres ». . . . Il n’y a donc pas de raison pour qu’au premier siècle nous traduisions authentein par « exercer l’autorité » et pour que nous interprétions les écrits de Paul dans 1 Timothée 2:12, comme étant une description d’une tâche d’enseignement normale et officielle.

Le sens est plutôt « dominer, obtenir ce qu’on veut de quelqu’un. » (29)

– Nous devons nous rappeler que notre Seigneur nous a enseigné que dans son royaume, « l’autorité » est une notion qui n’existe pas et ne devrait pas être un problème. (Matt.20:24-28; 23:11, Marc 9:34, Luc 9: 46; 22:24).

L’idée qu’une personne ait un pouvoir sur une ou plusieurs autres personnes est l’essence même de tout ce qui est antichrist.

Personne n’est le patron, et il n’y a pas de positions d’autorité. Je ne sais pas combien de fois j’ai entendu, «les femmes ne doivent pas être en position d’autorité.»

La vérité est que ni les hommes ni les femmes ne doivent être en position d’autorité !

Il n’y a pas de hiérarchie dans le royaume de Christ. Le poste le plus grand est situé au bas de l’échelle. Ceux qui ont le plus d’influence spirituelle vivent comme ceux qui n’ont aucune autorité.

Ils vont vivre comme des esclaves et des enfants – qui n’avaient aucun statut dans la culture du premier siècle. Le plus grand dans le royaume du Christ donne sa vie pour les autres – et c’est précisément ce que Jésus a fait, Lui le serviteur par excellence.

– Dans cette même veine, nous devons nous débarrasser de l’idée traditionnelle selon laquelle une certaine forme d’autorité existe dans la position d’« enseignant » ou de « prédicateur ».

Christ est celui qui a toute autorité dans son royaume et il supervise ses assemblées avec sa parole. Tout ce qui est apporté devant les frères et sœurs est pesé et évalué à la lumière de la vérité telle qu’elle est révélée en Jésus. Hébreux 5:12 dit:

«Vous, en effet, qui depuis longtemps devriez être des maîtres, vous avez encore besoin qu’on vous enseigne les premiers rudiments des oracles de Dieu…».

De toute évidence, ce n’est pas tout le monde qui a le don d’enseignement (cf. Jacques 3:1), mais tous les frères et sœurs peuvent être des enseignants d’une certaine façon et contribuer au processus d’apprentissage dans l’assemblée. Là encore, le Nouveau Testament n’est pas contre l’enseignement par les femmes, mais Paul met des limites aux enseignements d’une femme qui aurait pour but de dominer un homme.

En passant, il est crucial de noter que le seul endroit dans le Nouveau Testament où le mot « autorité » est relié au sexe est dans 1 Cor.7:1- Il est intéressant de noter que « l’autorité » (exousia) mentionnée dans ce passage n’a rien à voir avec un mari qui serait le patron de son épouse. En fait, ce mot parle d’une autorité mutuelle – ni l’homme ni la femme n’a « l’autorité » sur leur propre corps. L’épouse a autorité sur le corps de son mari, et le mari a autorité sur le corps de sa femme.

Une conséquence de cette vérité est que ni l’un ni l’autre ne peut se séparer de l’autre physiquement à moins qu’ils ne décident ensemble (symphonou: être en symphonie) qu’ils doivent faire cela.

Plusieurs prennent l’expression : « Le mari est le chef de la femme » (Éphésiens 5) comme l’équivalent de dire que le mari a « le dernier mot ». Mais comment cela se pourrait-il être à la lumière de 1 Cor.7 :1-7 ?

Paul enseigne que le mari ne peut pas annoncer de façon unilatérale: « Nous allons être physiquement séparés pendant un certain temps. »

Une telle action ne peut avoir lieu que s’ils s’accordent mutuellement pour la faire. Si tel est le cas, pour une question importante comme la séparation physique, on peut supposer que l’idéal pour la prise de décisions dans le couple c’est d’être en accord l’un avec l’autre. À la lumière de ce passage, nous avons à réfléchir à nouveau sur ce que signifie réellement « le mari est le chef de la femme ».

1 Timothée 2:13 – « Car Adam a été formé le premier, Ève ensuite. »

Interprétation traditionnelle : 

La création d’Adam avant Ève montre que les femmes sont subordonnées à l’autorité des hommes. Paul se réfère à l’ordre de création afin de renforcer qu’il est mal pour les femmes que d’enseigner aux hommes.

Correctifs:
– Il n’y a aucune preuve dans le récit biblique de la création d’Adam et Ève (avant la chute), ou en 1 Tim.2:12, que la subordination de l’épouse à son mari soit sous- entendue. L’Écriture n’enseigne nulle part que toutes les femmes doivent se soumettre à tous les hommes. Les concepts de «chef» et de «soumettre» sont mis ensemble dans les Écritures spécifiquement en parlant du couple marié (Éph. 5:22-24).

– On ne doit pas oublier que Ève était déjà en Adam, avant son apparition sur terre.

Le nom « Adam », en fait, inclus celui d’Ève –

« Lorsque Dieu créa l’homme (ou Adam), il le fit à la ressemblance de Dieu. Il les créa homme et femme et les bénit, et il les appela du nom d’homme (ou Adam), lorsqu’ils furent créés.» » (Gen.5 :1-2).

Il s’agissait d’un type de Christ et de son épouse. Tout comme Adam tomba dans un profond sommeil et que sa femme sortit de son côté, Christ est descendu dans le sommeil de la mort et quand son côté fut transpercé son épouse fut créée.

– Nous avons tendance à penser que ce qui est en « premier » est plus important, supérieur ou prioritaire. Mais l’utilisation de Paul des mots premier et ensuite, « ne fait que définir une séquence d’événements ou d’idées. . . . Ceci, en fait, est le cas dans toutes les lettres de Paul (et le Nouveau Testament, d’ailleurs). « Premier… ensuite» définit une séquence dans le temps, et non une primauté dans ce qu’est la première chose, ou dans ce qu’elle fait.» (30)

Les animaux ont été créés avant Adam, mais cela ne leur donne pas une « autorité sur » lui ! Treize versets plus loin, Paul dit en parlant des diacres:

« Qu’on les éprouve d’abord, et qu’ils exercent ensuite leur ministère, s’ils sont sans reproche. » (1 Tim.3:10).

On peut comprendre pourquoi Paul a écrit à propos de la création d’Adam quand on considère le contexte religieux d’Éphèse, où la religion était centrée sur la femme.

Une réflexion sur le contexte de l’église d’Éphèse serait utile maintenant. Le Temple d’Artémis était une structure massive et était le centre de la religion à Éphèse. Son nom latin était Diane. Son temple était l’une des sept merveilles du monde.

Les effets de cette religion centrée sur une femme se faisaient sentir dans tous les aspects de la vie à Éphèse.

Une part importante du commerce dans cette ville était reliée à la vente d’idoles et d’objets religieux.

Paul et ses associés sont demeurés à Éphèse pendant trois ans. Il est probable que certaines des converties à Christ étaient des femmes qui avaient pratiqué le culte d’Artémis, ce qui incluait la pratique de la prostitution dans les temples. Beaucoup de dames à Éphèse avaient probablement une vision de la vie très centrée sur la femme.

L’influence de l’Évangile atteignit un point où de nombreux croyants confessaient leurs mauvaises actions passées et brûlaient publiquement leurs livres d’occultisme (Actes 19.18-19). Une émeute est presque survenue. L’enjeu était l’honneur du dieu féminin :

« la grande déesse Diane … celle qui est révérée dans toute l’Asie et dans le monde entier » ….

Ils ont tous crié la même chose pendant deux heures:

« Grande est la Diane des Éphésiens ! » (Actes 19:27, 34).

N.T. Wright résume d’une excellente façon la religion d’Éphèse et le «pourquoi» des instructions de Paul dans 1 Tim.2 :11-15:

«Il y a certains signes dans la lettre qui suggèrent que celle-ci a été initialement envoyée à Timothée, alors qu’il était à Ephèse. Et l’une des principales choses que nous savons sur la religion à Éphèse, c’est que la religion primaire – le plus grand temple, le sanctuaire le plus célèbre – était un culte exclusivement féminin. Le Temple d’Artémis (c’est son nom grec, les Romains l’appelaient Diane) était une structure massive qui dominait la région, et, comme il convenait à des adorateurs d’une divinité féminine, les prêtres étaient toutes des femmes. Elles dirigeaient le culte maintenaient les hommes à leur place. Maintenant, si vous écriviez une lettre à quelqu’un dans un petit groupe de nouveaux chrétiens basés à Éphèse, et que vous vouliez dire qu’à cause de l’Évangile de Jésus les anciennes façons d’organiser les rôles masculins et féminins devaient être repensées de fond en comble, de telle sorte que les femmes devaient être encouragés à étudier et à apprendre et à jouer un rôle de leadership, vous voudriez éviter de donner de fausses impressions. Ces chrétiens d’Éphèse se questionneraient sur les paroles de l’apôtre: est-ce que les femmes doivent être formées de façon à ce que le christianisme devienne progressivement un culte comme celui d’Artémis, où les femmes dirigent et a maintiennent les hommes dans la soumission ? Voilà, il me semble, ce que le verset 12 vient contredire. Paul dit, comme Jésus dans Luc 10, que les femmes doivent avoir l’espace et le loisir d’étudier et d’apprendre à leur façon, non pas pour dominer, ni pour prendre le leadership de la même façon que dans le culte Artémis, mais plutôt pour que les hommes et les femmes puissent développer tous les dons d’apprentissage, d’enseignement et de leadership que Dieu leur donne » (31)

Cette connaissance du contexte religieux nous aide à comprendre 1 Tim.2:9-15, du moins, d’une des manières suivantes :

– Nous pouvons voir pourquoi au v.9 Paul était préoccupé par la modestie des femmes. L’influence de Diane d’Éphèse incluait l’idée que les femmes sont supérieures, et certaines des sœurs qui provenaient de cette religion avaient des coutumes vestimentaires qui étaient loin d’être modestes.

– Cela nous aide à comprendre pourquoi une femme influencée par le culte féministe de Diane pourrait « enseigner dans le but de dominer un homme. »

– Nous pouvons alors comprendre pourquoi des femmes séduites par de fausses doctrines avaient besoin d’écouter dans la tranquillité.

– « Adam a été formé en premier » est une véritable déclaration coup de poing en ayant comme arrière-plan le culte de Diane. Cette religion enseignait que la femme était venue à l’existence en premier et que l’homme était à l’origine de la femme. Dans les légendes de cette religion, les hommes provenaient de la déesse.

– Nous sommes en mesure de comprendre pourquoi Paul tient à souligner qu’Ève a été « séduite ». La religion de Diane glorifiait les femmes comme étant supérieures aux hommes. Paul défait les faussetés de Diane d’Éphèse de deux façons – Adam a été créé en premier d’abord, et non la femme, et Ève n’était pas supérieure à l’homme, car elle a été entraînée à pécher contre Dieu.

– Le verset 15 est assez mystérieux, mais avec Diane en toile de fond, nous pouvons tenter une explication. Cela nous aide à comprendre pourquoi Paul mentionnerait l’enfantement comme un processus de foi en Christ. Les femmes à Éphèse se tournaient vers Diane pour les aider pendant l’accouchement.

«En tant que déesse mère, Artémis était la source de la vie, celle qui nourrissait toutes les créatures et qui était la puissance de fertilité dans la nature. Les femmes célibataires se tournaient vers elle pour protéger leur virginité, les femmes stériles demandaient son aide, et les femmes en travail se tournaient vers elle pour avoir de l’aide » (32)

« Elle est (au singulier) sera néanmoins sauvée en devenant mère», pourrait aussi suggérer l’idée que même si Ève a été trompée, Dieu a toujours promis dans Genèse 3:15 une postérité (enfant) qui écraserait la tête de Satan et apporterait le salut (cf. Apo.12 :4-5).

1 Timothée 2:14 – « et ce n’est pas Adam qui a été séduit, c’est la femme qui, séduite, s’est rendue coupable de transgression.»

Interprétation traditionnelle:
Le verset 14 montre que de graves problèmes surgissent lorsque les femmes prennent les devants. Paul ne veut pas que les femmes enseignent parce qu’elles sont plus facilement séduites que les hommes. Les femmes sont plus sujettes à se perdre dans l’erreur. Par conséquent, le rôle d’enseignement a été laissé entre les mains des hommes.

Correctifs:

– L’idée que les femmes sont plus sujettes à l’erreur est fondée sur le préjugé que les femmes sont inférieures aux hommes pour ce qui est du discernement spirituel. L’histoire de l’église – dans laquelle les femmes sont essentiellement supprimées – illustre de façon presque ridicule que les hommes sont très portés à inventer l’erreur et à la propager. La plupart des fausses doctrines ont été inventées et propagées par des hommes.

– « Mais Paul n’utilise-t-il pas l’exemple de Ève pour illustrer comment les choses peuvent tourner mal quand les femmes prennent le rôle de leadership qui revient aux hommes ?. . . Cette opinion est sans fondement scripturaire. Ève n’a pas été trompée par le serpent pour l’entraîner à prendre autorité sur l’homme. Elle a été trompée et entraînée à désobéir à Dieu, qui avait ordonné de ne pas manger le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Elle a écouté la voix de la fausse doctrine et elle a été trompée par elle. » (33)

– La notion que les femmes ont plus tendance à se laisser séduire que les hommes est fausse, et en fait, Paul utilise l’exemple d’Ève pour l’appliquer à une congrégation chrétienne (hommes et femmes) tout entière (2 Cor.11: 3). La possibilité d’être séduit par les fausses doctrines n’est donc pas un problème propre aux femmes.

– « Le fait que Paul fasse référence à la séduction d’Ève fait penser aux activités des faux docteurs à Éphèse. Si les Éphésiennes étaient encouragées à assumer le rôle d’enseignant en tant que sexe supérieur en ayant autorité sur les hommes, cela expliquerait bien pourquoi le passage de 1 Timothée 2:13-14 fut écrit. La relation entre les sexes n’était pas supposée être une domination féminine et une subordination de l’homme. Mais elle n’était pas supposée être non plus une domination masculine et une subordination de la femme. Une telle pensée prend son origine à la chute (Gen 3, 16).» (34)

Pourquoi voudrions-nous prendre notre modèle dans les mots de la malédiction de la chute: « tes désirs se porteront vers ton mari, mais il dominera sur toi. » (Gen 3, 16) ?

Ces mots sont simplement une description des conséquences du péché sur la relation entre le mari et l’épouse. Ne voulons-nous pas connaître les conséquences de la rédemption de la croix de Christ et de sa résurrection dans nos relations ?

– Il est fascinant de faire des parallèles entre 1 Tim.2:11-15 et Apocalypse.2:20-24: Paul : « Je ne permets pas maintenant à la femme d’enseigner …».

Jésus à Thyatire : « tu laisses la femme Jézabel, qui se dit prophétesse, enseigner et séduire mes serviteurs ».

Paul : « d’enseigner dans le but de dominer un homme …».

Jésus à Thyatire : «…enseigner et séduire mes serviteurs pour qu’ils se livrent à l’impudicité et qu’ils mangent des viandes sacrifiées aux idoles ».

Paul : « la femme Ève a été séduite … ».

Jésus à Thyatire : «…la femme Jézabel, qui se dit prophétesse, enseigner et séduire mes serviteurs …».

Paul : « Elle sera néanmoins sauvée en devenant mère, si elle persévère avec modestie dans la foi, dans la charité et dans la sainteté. »

Jésus à Thyatire : «…je vais la jeter sur un lit,… et je ferai mourir de mort ses enfants»

Comme je l’ai souligné auparavant au sujet de Apocalypse 2:20-24, le problème de Jésus n’était pas qu’une femme enseignait, mais plutôt qu’elle était une fausse prophétesse dont l’enseignement faisait tomber des serviteurs de Dieu dans le péché. Ceci signifie donc que Jésus n’a pas de problème avec les prophètes hommes et femmes qui exaltent Christ dans l’assemblée. Si la coutume apostolique était que les sœurs se taisent, on devrait s’attendre à ce que les anciens des assemblées aient réprimandé sévèrement cette femme « Jézabel » pour avoir violer une règle si fondamentale. Apparemment, Jésus n’a pas vu la situation de Thyatire comme un problème du fait qu’une femme enseignait, mais il était plutôt dérangé par ce qui était enseigné et par les effets qu’avait cet enseignement sur ceux qui l’entendaient.

L’Évangile appliqué à la situation culturelle

Une préoccupation majeure avancée par certains est que si nous ne voyons pas un passage comme 1 Tim.2:11-15 comme une expression de la « vérité éternelle », ne sommes-nous pas en train de glisser sur une pente qui relativiserait la vérité ? La réponse à cette préoccupation est un retentissant : « Non ! »

Les lettres du Nouveau Testament ont été écrites en réponse à des problèmes spécifiques dans diverses cultures. Steve Atkerson fait l’observation suivante:

«Tous les écrits du Nouveau Testament sont ce qu’on appelle des «documents d’une occasion». Il y avait une «occasion», habituellement un problème, qui motivait l’auteur à écrire le livre.» » (35)

En 1 Tim.2:11-15 Paul explique la vérité de l’Évangile pour répondre à une situation concrète à Éphèse.

Voici un résumé de la façon dont la vérité de l’Évangile a été appliquée à cette situation:

– Habituellement, les sœurs et frères ont fonctionné ensemble dans les réunions participatives de l’assemblée. En raison de fausses doctrines qui avaient infecté certaines femmes, Paul a demandé que certaines écoutent dans la tranquillité, et qu’elles cessent d’enseigner dans le but de dominer les hommes.

– Il n’est pas bien pour une femme ou un homme d’enseigner dans le but de dominer les autres. Dans le royaume du Christ, personne ne doit dominer les autres. « Vous êtes tous frères ». Pas de clergé. Pas de laïcs. Pas de titres honorifiques. Pas d’élévation de quelques-uns au-dessus des autres. L’honneur va aux moins estimés.

– Le mandat de dominer la terre a été donné à Adam et Ève. Ils ne devaient pas chercher à dominer l’un sur l’autre, mais devaient s’occuper de la Terre en tant qu’équipe. Les femmes ne sont pas supérieures aux hommes comme cela est enseigné dans la religion d’Artémis à Éphèse.

– Tout comme Ève avait été séduite par les fausses doctrines de Satan dans le jardin, certaines femmes à Éphèse avaient été trompées par de fausses doctrines.

– Beaucoup de femmes à Éphèse se tournaient vers la déesse pour les aider et pour être guidées au sujet des questions de virginité, de fécondité et d’accouchement. Paul écrit aux femmes chrétiennes de se tourner vers le Seigneur Jésus.

La vérité est que dans beaucoup de cas nous n’avons que des bribes d’informations sur ce qui était derrière les écrits des apôtres à l’origine. Souvent, il est difficile de savoir exactement quelle question était traitée ou à quel problème l’apôtre est en train de répondre. Nous n’entendons, pour ainsi dire, qu’un côté d’une conversation. Mais cela ne nous empêche pas de profiter du Nouveau Testament, ni de discerner la pensée du Seigneur. L’Esprit Saint nous enseigne la pensée de Christ.

Cependant, nous devons confesser en toute humilité qu’il y a beaucoup de choses que nous aurons toujours du mal à comprendre correctement.

Il y a dans le Nouveau Testament des questions culturelles auxquelles nous faisons face.

En 1 Cor.11:1-16, par exemple, Paul amène l’éclairage de l’Évangile sur la question culturelle qu’est le voile.

Certains concluent que les femmes doivent encore porter le voile, d’autres voient le voile comme un élément culturel que nous ne sommes pas tenus d’imiter de nos jours.

1 Tim.2:8 mentionne des hommes priant les mains levées.

Est-ce que cela fait que nous enseignons que les prières des hommes ne sont pas valides à moins que les mains soient levées ? Est-ce que 1 Tim.2:9 nous conduirait à confronter une sœur qui aurait enfilé des bijoux qui contiennent des perles ou de l’or?

En se basant sur 1 Tim.5:9, serions-nous autorisé à dire à une veuve de 62 ans dans le besoin que nous ne pouvons pas lui venir en aide pendant encore trois ans, jusqu’à ce qu’elle atteigne sa retraite à 65 ans ?

Pourquoi ne nous saluons-nous pas « les uns les autres par un saint baiser » (1 Thess.5:26) ?

Le Nouveau Testament a été écrit au premier siècle et de nombreuses questions enracinées dans la culture apparaissent dans ses pages. À cause de cela peut-on conclure que tout ce qui est écrit n’est que « culturel » et ne contient aucune « vérité » pertinente pour nous aujourd’hui ?

Non, au contraire, nous affirmons que l’Évangile a été appliqué à de nombreuses questions culturelles juives et païennes et que cela a eu un impact important sur les premières assemblées chrétiennes.

Lorsque nous, les croyants de la Nouvelle Alliance, approchons n’importe quel sujet ou préoccupation, le point de vue essentiel pour nous doit être :

« si du moins vous l’avez entendu, et si, conformément à la vérité qui est en Jésus, c’est en lui que vous avez été instruits…» (Eph.4: 21).

La vérité fondamentale sur les sœurs en Christ, c’est qu’elles sont libres de fonctionner. Il n’y a pas de révélation sur des restrictions applicables de façon universelle pour leur service dans le royaume.

Conclusion

Les arguments ont été présentés pour démontrer que la conception traditionnelle de 1 Tim.2:11-15 repose sur des hypothèses très fragiles et sur des malentendus fondamentaux sur ce que Paul a réellement écrit.

Les difficultés d’interprétation rencontrées dans ce texte sont souvent passées sous silence par ceux qui les utilisent pour museler les ministères des femmes.

Il est temps pour les étudiants honnêtes de la Bible de revisiter 1 Tim.2:11-15, et de séparer la réalité de la fiction. Ceux qui, de façon simpliste, agitent 1 Tim.2:12 comme un texte qui contient toutes les preuves pour faire taire les femmes feraient mieux de faire attention pour ne pas être ceux au cou desquels on suspende la meule tant redoutée après qu’ils aient scandalisé les plus petits de Christ (Matt.18: 6, Marc 9:42; Luc 17: 2).

En termes de ce qui s’est réellement passé dans l’histoire, je pense que Bart Erhman met le doigt sur un autre facteur énorme dans la marginalisation des femmes dans l’église :

Le mouvement de la simplicité vers l’institutionnalisation.

Les femmes ont joué un rôle prépondérant dans les églises de Paul, en tant que missionnaires et comme leaders; d’ailleurs, Paul maintient qu’en Christ les distinctions entre hommes et femmes, ont été anéanties. Mais Paul n’a pas préconisé une révolution sociale en faveur des femmes; il a plutôt insisté pour que les hommes et les femmes gardent leur rôles respectifs . . .

Au début du christianisme, dans les premières communautés chrétiennes, les femmes ont bénéficié de rôles importants parce que les églises se réunissaient dans les maisons, le lieu d’influence des femmes. Quand les églises acquis un caractère plus publique, cependant, les hommes semblent avoir affirmé beaucoup plus leurs prétentions dans le fait d’être des hommes et éloignèrent les femmes des positions d’autorité. » (36)

En terminant, je crois que Cheryl Schatz nous interpelle avec une observation très intelligente sur la nécessité d’avoir plusieurs témoins pour déterminer si quelque chose est un péché ou la saine doctrine. Elle écrit:

« Le dilemme est que chaque péché qui est énoncé dans l’Écriture est toujours confirmé par deux témoins. La raison en est qu’il doit y avoir au moins deux ou trois témoins pour qu’un fait soit établi (Deut.17:6, 19:15). Y a-t-il au moins une autre confirmation dans l’Écriture qui fait de l’enseignement par les femmes à des hommes un péché ? Non ! Il n’y a même pas un seul endroit dans l’Écriture qui dit que c’est un péché pour une femme que d’enseigner la Bible aux hommes. Le fait qu’il n’y a pas d’autres passages qui confirment que les femmes pèchent lorsqu’elles enseignent aux hommes, prouve que cette interprétation ne peut pas être vraie. . . Jésus a confirmé cette règle dans Matt.18:16 en étendant son application à la nécessité d’avoir deux ou trois témoins quand on affirme un fait qui entraînerait une accusation contre une personne. . . N’avoir qu’un seul témoin est invalide selon la loi de Moïse. Dans Jean 8:16-18 Jésus dit lui-même qu’il a besoin de deux ou trois témoins pour établir la validité de son témoignage. Ainsi, Jésus lui-même se soumet à la règle de deux ou trois témoins. Paul se place lui aussi sous cette condition puisqu’il établit en 2 Cor.13:1, que sa troisième visite aux Corinthiens répond à l’exigence en vue d’établir un fait. Puis, en Phil.3:1, Paul nous dit pourquoi il est si important d’avoir un deuxième et un troisième témoignage. Il dit que c’est une garantie pour l’église. . . . Nous voici donc dans 1Tim.2:11-15. Ceux qui disent que c’est interdit aux femmes d’enseigner la Bible aux hommes sont sans un second témoin. . . . Pour ceux de nos frères en Christ qui croient que Paul ordonne à toutes les femmes de s’abstenir d’enseigner ou alors d’enseigner mais d’être accusées de pécher, nous demandons simplement de prouver leur interprétation avec un deuxième témoin qui se trouve dans l’Écriture, ou de retirer l’accusation de péché aux femmes qui font partie du corps de Christ, mais que Dieu a appelés à enseigner l’ensemble du corps du Christ.» (37)

Certains suggèrent que 1 Cor.14 :34-35 pourrait être un second témoin. Toutefois, le discours de l’apôtre en 1 Cor.11:1 à 14:33 ne peut nous faire penser autrement qu’à une pleine participation des sœurs. Ils prophétisent avec les hommes dans 1 Cor.11:4-5 (cf. Ac Sommaire)

1) 1 Timothée 2:11-15 ne demande pas aux femmes de se taire.

2) Il n’y a pas de commandement (pas de verbe au temps impératif) en 1 Tim.2:12 par rapport aux femmes qui ne devraient pas enseigner. Paul utilise le temps présent simple: «Je ne permets pas maintenant …».

3) L’infinitif, authentein, ne signifie pas « exercer l’autorité envers ». Les deux infinitifs, didaskein et authentein, sont mieux placés ensemble pour illustrer un but ou un objectif, ce qui traduit par « Je ne permets pas à une femme d’enseigner dans le but de dominer un homme.»

4) Certains éléments clés dans 1 Tim.2:11-15 sont clarifiés et élucidés en examinant l’influence omniprésente du culte d’Artémis à Éphèse:

– (a) les femmes qui sortaient d’une religion fondée sur une déesse avaient besoin qu’on leur rappelle la nécessité d’être modeste dans l’habillement;

– (b) la nécessité d’une attitude d’écoute de la part de certaines femmes en raison de l’influence des fausses doctrines;

– (c) en raison de l’importance excessive donnée à la femme dans la religion d’Artémis, on peut comprendre pourquoi ces femmes pouvaient être porté à enseigner avec le but de dominer un homme;

– (d) comme dans le culte d’Artémis on croyait que les hommes originaient de la déesse, on peut comprendre pourquoi Paul enseigne qu’ Adam a été formé le premier;

– (e) comme les femmes étaient considérées comme supérieures à Éphèse, on peut comprendre pourquoi Paul tient à signaler qu’Ève a été séduite par le péché;

– (f) alors que de nombreuses femmes se tournaient vers Artémis pour les 2,17-18). Dans 1 Cor.12: 7,14 Paul enseigne que toutes les parties du corps ont une manifestation de l’Esprit pour le bien de l’ensemble.

Dans 1 Cor.14 Paul mentionne «vous tous», «l’Église tout entière», «chacun de vous», et «vous pouvez tous prophétiser»

Ainsi, utiliser 1 Cor.14:34-35 comme baguette magique pour annuler le contexte immédiat est une façon plutôt cavalière de traiter les Écritures.

Si l’Écriture ne se contredit pas, alors on ne peut pas utiliser quelques versets pour nier plusieurs autres qui révèlent et assument le plein fonctionnement des filles du Seigneur.

Problèmes de fertilité et d’accouchement : Paul dirige les femmes chrétiennes vers Christ comme la postérité qui avait été promise à Ève dans Genèse 3:15.

5) Lorsque l’ekklesia a commencé le jour de la Pentecôte, la première chose qui a été mentionnée fut que les hommes et les femmes prophétiseraient ensemble. Les femmes et les hommes qui prophétisent sont mentionnés par Paul dans 1 Cor.11:4-5. Dans 1 Cor. 14, Paul voulait que la prophétie – de toute l’assemblée – soit centrale dans les réunions.

Donc, utiliser 1 Tim.2:11-15 comme base pour faire taire complètement les sœurs dans les assemblées chrétiennes n’est pas une bonne façon de manier l’Écriture.

C’est utiliser un texte pour annuler la révélation de nombreux autres.

Puissions-nous avoir la grâce et l’humilité pour rechercher ensemble dans les Écritures, pour voir ce qui est bien !

© Août 2007 Jon Zens



(1) Ndt: dans le judaïsme, la nourriture casher est celle qui se conforme aux règles de la religion juive

(2) David P. Kuske, “Exegesis of 1 Timothy 2:11-15,” at www.wisessays.net/authors/k/kusketimothy concernant les questions et les problèmes rencontrés par les assemblées dans lesquelles ils travaillent et qu’ils assistent.

(3) Gordon Fee, Gospel & Spirit, p.54

(4) Evangelical Newsletter, April 30, 1982, p.3.

(5) Searching Together, Spring, 1983, p.32.

(6) “The Place of Women in the Church,” Banner of Truth, #81, June, 1970, p.3.

(7) Christian News, March 26, 2007, p.19.

(8) Bonding: Relationships in the Image of God, 2nd ed., Evangel, 1999, p.25.

(9) P.E. Kretzmann, “The Eurcharist Between 30 and 325 A.D.,” Concordia Theological Monthly, 1:3, 1930, pp. 167-183; Emil Brunner, The Misunderstanding of the Church, Lutterworth Press, 1954, pp.63-70.

(10) NdT: en anglais le mot chef est « head »

(11) Cf. Laurie Fasullo, “What About the Word Kephale (‘Head’) in the New Testament ?”

(12) Joy Bussert, Battered Women, LCA, 1986, p.6. Cf. Murray J. Harris, “A Comparison of Immortality in the New Testament with Immortality in Plato,” Raised Immortal: Resurrection & Immortality in the New Testament, Eerdmans, 1985, pp.201-205.

(13) Jann A. Clanton, In Whose Image? God & Gender, Crossroad, 1991, p.41.

(14) Bussert, p.7.

15 Cf. Elizabeth A. Clark, Jereome, Chrysostom & Friends, Edwin Mellen Press, 1982, 254pp.

(16) Rosemary R. Ruether, New Woman, New Earth, Beacon, 1995, pp.17-18.

(17) Bussert, p.7.

(18) Ibid., p.9.

(19) Ibid., p.12. Cf. Del Martin, “An Overview of Cruelty,” Battered Wives, Pocket Books, 1977, pp.29-32.

(20) Ibid.

21 Cité par Bussert, pp.11-12.

22 Banner of Truth, 1970, p.1.

23 Coline Jenkins-Sahlin, “The Women’s Declaration,” 33 Things Every Girl Should Know About Women’s History, Tonya Bolden, ed., Crown Publishers, 2002, p.19.

24 “Challenge of Women’s Liberation,” Cross & Sword: An Eyewitness History of Christianity in Latin America, H. McKennie Goodpasture, Orbis, 1989, pp.264-267.

25 Eerdmans, 1986, pp.33-34; cf. pp.73ff., 90ff.

26 Ana De Campos, “Liberation,” p.266.

27 Outrageous Women, Outrageous God: Women in the First Two Generations of Christianity, E.J. Dwyer, 1996, p.165.

(28) Philip Payne, “Authentein in 1 Timothy 2:12,” Evangelical Theological Society Seminar Paper, Atlanta, Ga., November 21, 1986.

(29) Belleville, “Usurping,” pp.211,216. »

30 Ibid., p.220

31 «The Biblical Basis for Women’s Service in the Church», présentation donnée au Collège St. John’s, à Durham, en Angleterre, à la Conférence de la CBE 4 Septembre 2004).

32 Belleville, “Usurping,”, p. 220

33 Ibid, p 223

34 Ibid

35 In Search of the Biblical Church, DVD, Timothy Germain, ed., 2007).

36 The New Testament: A Historical Introduction to the Early Christian Writings, 3rd Ed., Oxford, 2004, p.406.

37 (http://strivetoenter.com/wim/2006/07/02)

Annexe: Réponse de Frank R. Ames

Le courriel suivant est venu de Frank R. Ames, qui est un professeur d’Études Bibliques à la Colorado Christian University, Lakewood, CO. Il a parlé à propos de 1 Tim.2:11-15 le 11 août 2007, à la Christians for Biblical Equality conference à Denver. Je lui ai envoyé mon article sur 1 Tim.2, et voici sa réponse.

Cher Jon,

Je vous remercie pour l’envoi d’un brouillon de votre article sur 1 Timothée 2. Concernant votre article, je pense que vos références à Artémis d’Éphese fait avancé le débat dans la bonne direction, mais je pense que ces arguments peuvent être nuancés et élargis. La réalité du culte d’Artémis nous aide à comprendre l’arrière-plan culturel qui est derrière la première épître à Timothée, parce que les chrétiens d’Éphèse était des anciens adorateurs d’Artémis ou, à tout le moins, ils étaient influencé de façon significative par la culture d’une ville consacrée à Artémis. L’auteur de l’épître semble lutter contre un amour diminué envers Jésus, vers qui les convertits s’étaient tourné, mais qui aimaient encore Artémis à laquelle ils ne voulaient pas renoncer encore tout à fait. Bien que l’épître ne mentionne pas Artémis par nom, les citoyens d’Éphèse n’auraient pas été manqué, ni mal compris ses allusions à des croyances et des pratiques de la religion d’Artémis. Dans une autre épître, lorsque Paul rapporte qu’il «a combattu les bêtes sauvages à Ephèse» (1 Cor 15,32), il se réfère sans doute à son conflit avec les adorateurs Artémis. En effet, la déesse d’Éphèse était connu comme «Artémis la chasseuse, la reine des bêtes sauvages» (Iliade, 21.470). Voici quelques autres exemples, bien que beaucoup puissent être identifiés dans 1 Timothée.‘

1. La première doxologie dans l’épître est dirigée «seul Dieu», et le langage implique que l’auteur de la doxologie a une divinité concurrente à l’Esprit (1:17). La doxologie finales réitère cette préoccupation, dans la description suivante « qui seul possède l’immortalité, qui habite une lumière inaccessible, que nul homme n’a vu ni ne peut voir. . . » (6:15-16a, cf. 2:5). Artémis était, bien sûr, connue sous le nom de Phosphore ou de porte-lumière (Strabon, Geo. 3.1.9), qui portait sa torche à travers les forêts, mais ne pouvait jamais être approché (voir aussi «sauveur», «immortel», «invisible»).

»2. La promesse d’être «sauvée en devenant mère» (2:15) se réfère à la croyance des Éphésiens selon laquelle Artémis était la déesse qui protégeait les femmes lors de l’accouchement. Interpréter que cette promesse se réfère à une vie passée à s’occuper des enfants ou à la naissance de Jésus, c’est tout simplement ne pas connaître le contexte social des gens d’Éphèse ou le taux de mortalité et les préoccupations des femmes de cette époque. Cette promesse confronte directement le recours à la protection d’Artémis. Craignant la mort et les dangers de l’accouchement, les femmes dans le monde antique et particulièrement dans les villes où il y avait des sanctuaires consacrés à Artémis se tournaient vers elle pour être protégées. Artémis n’était pas une déesse de la fertilité, et son culte n’en était pas un de la fécondité. Artémis était une vierge perpétuelle qui dénonçait le mariage et qui punissait fréquemment les femmes enceintes au moment de l’accouchement en leur infligeant la mort. »

»3. Les exhortations concernant la prière qui se trouve dans 1 Timothée 2 fait aussi référence aux pratiques du culte d’Artémis. Les hommes lui demandaient de l’aide dans les combats, les femmes la priaient pour la protection dans l’accouchement. C’est je pense pourquoi l’épître instruit les hommes à prier pour la paix et pourquoi il exhorte les femmes à s’habiller modestement: les deux instructions sont reliées à des pratiques de prière traditionnelles du culte d’Artémis. Afin de reconnaître que 1 Timothée 2 est un tout cohérent qui s’attaque aux pratiques de ce culte, il nous suffit de lire quelques textes qui proviennent de la littérature antique. Je n’en cite que deux provenant de The Greek Anthology: « Le voile bleu clair d’Amphareta est sur ta tête, Déesse de l’accouchement, parce qu’elle a promis de leur donner quand elle vous a demandé de tenir la mort redouté loin pendant le travail; » et « Déesse, Salvatrice des enfants, accepte et garde ce manteau de mariée et la couronne brillante et tressée de ma tête, Bienheureuse déesse de l’accouchement, de Tisis, qui se souvient de la façon dont tu l’as gardée quand elle sentit les douleurs du travail.»(VI, 270; VI, 274). »

»(Note: je n’ai pas eu le temps de revérifier mes références et citations, donc à utiliser avec prudence.) »

»À Éphèse, les femmes priaient Artémis en offrant des vêtements élaborés et ornés de tresses de cheveux, tandis que les hommes priaient en levant la main légèrement au-dessus niveau de la taille, les paumes vers le haut. En ce qui concerne ces femmes, Héliodorus écrivit: « Leurs mèches de cheveux contiennent des prières » (Aeth. 1.12). D’autres aspects du culte d’Artemis sont évidents dans les références au naufrage, au sauveur, aux fausses veuves (une classe de dévots d’Artémis), aux instructions de se marier, de respecter les dirigeants, et les avertissements contre la cupidité. En ce qui concerne la création d’Adam et Ève de référence, l’analogie est la naissance d’Artémis et d’Apollon, car Artémis était née la première. Je pense que vous avez repéré une dynamique culturelle et religieuse cruciale pour bien comprendre le contexte de l’épître. Peut-être que certains de ces détails seront utiles pour résoudre d’autres questions d’interprétation qui reste en suspens dans cette lettre. Dans mon travail, je suis moins attentif aux arguments philologiques, parce que les mots, comme vous le savez bien, sont compris dans le contexte. Pour cette raison, je consacre la plus grande partie de mon énergie à la reconstruction détaillée du monde social derrière le texte. Cela fournit un cadre qui permet de décider qu’est-ce que les textes signifient dans une perspective historique. J’ai plus à dire sur les instructions concernant le silence des femmes dans 1 Timothée 2, qui je pense se réfèrent d’une certaine manière au sujet de la prière, mais je suis en train de peaufiner mes idées et je ne voudrais pas avancer des idées qui n’ont pas été bien critiquées à ce stade-ci. Ce que je présente dans cette lettre-ci a été jugé dans les salles de classe, dans des conférences et dans de nombreuses discussions avec des pairs, je suis donc confiant que dans l’orientation générale ce que j’avance est juste. J’ai commencé à aller dans cette direction il y a une quinzaine d’années, mais je n’ai pas encore publié mes arguments expliquant que l’église d’Éphèse était prise dans un syncrétisme qui mélangeait la religion d’Artémis et le christianisme. Je le ferai lorsque les une ou deux questions qui me restent pourront être répondues de façon satisfaisante. Mon champs d’étude principal est la Bible hébraïque, et mon étude du Nouveau Testament et des études classiques est secondaire et progresse très lentement. J’aimerais bien que vous commentiez éventuellement ce que j’écrirai. »

Salutations,

Frank Ritchel Ames



(traduit par: tommyab.wordpress.com)




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