vendredi 24 janvier 2014

Comment « pénétrer » le Royaume de Dieu ?

par Jean-Luc B 

« que ton Règne vienne, que Ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. » (Mat. 6 : 10.)  

Depuis 2 000 ans, cette prière que nous a enseigné le Seigneur motive tous ceux qui se sont engagé à sa suite. Mais il est important de prendre conscience que le Règne de Dieu ne s'établit pas de la même manière que les règnes humains et qu'il est donc important de ne pas chercher à employer des moyens humains pour établir un Règne Divin. Sinon nous manquerons le but.

Au cours des siècles, des gens religieux ont malheureusement essayé d'en convaincre d'autres par des moyens coercitifs (menaces, violences, supplices, etc... ). Ils ont parfois obtenu des « conversions » des reniements et des adhésions, mais contrairement à ce qu'ils imaginaient ils n'ont pas fait avancer d'un pouce le véritable Règne de Dieu. Car il ne s'établira jamais avec des procédés contraignants qui sont contraires à sa Nature même. Dieu ne cherche pas des adhérents, Il ne cherche pas non plus à influencer le monde, mais Il veut que nous lui ouvrions notre cœur. Il veut que les humains répondent librement à son amour, car le Règne de Dieu est un règne d'amour qui ne peut s'épanouir que dans la liberté et le don réciproque. Celui qui a reçu dans son cœur ce Règne d'amour en deviendra partie intégrante et ne pourra évidemment pas l'imposer aux autres.
Nous allons dans un premier temps essayer de comprendre au travers de l’Écriture comment appréhender ce Royaume Divin, puis dans un deuxième chapitre nous étudierons la bonne façon de l'établir.


Le Royaume Invisible 

Chez les chrétiens contemporains, une large majorité a aujourd'hui compris (au moins théoriquement!) que ce n'est pas par la contrainte que le Règne Divin peut s'établir. Mais ce n'est pas pour autant qu'ils ne tombent pas dans d'autres erreurs. Nous allons essayer ici de bien saisir à l'aide de l’Écriture ce qui différencie fondamentalement le règne de Dieu de tous les autres règnes que l'on peut trouver sur la terre. 

« Le règne de Dieu ne vient pas après un regard. On ne dira point:regarde ici, ou: regarde là. Car regardez, le règne de Dieu est en vous. Et il dit aux disciples: Des jours viendront où vous désirerez voir l'un des jours du Fils de l'homme, et vous ne le verrez point. On vous dira: regardez ici, regardez là. N'y allez pas, ne courez pas après. Car, comme l'éclair resplendit et brille d'une extrémité du ciel à l'autre, ainsi sera le Fils de l'homme en son jour.  » (Luc 17 : 20-21.) 

« Si quelqu'un vous dit alors: regardez Le Christ est ici, ou: regardez Il est là, ne le croyez pas. Car il s'élèvera de faux Christs et de faux prophètes; ils feront de grands prodiges et des miracles, au point de séduire, s'il était possible, même les élus. Voici, je vous l'ai annoncé d'avance. Si donc on vous dit: Voyez, il est dans le désert, n'y allez pas; voyez, il est dans les chambres, ne le croyez pas. Car, comme l'éclair part de l'orient et se montre jusqu'en occident, ainsi sera la Présence du Fils de l'homme. » (Mat. 24 : 24-27.)

Je précise tout de suite que ces traductions n'existent pas sous cette forme dans les versions françaises de la Bible. Ce sont des traductions littérales du grec et malgré leur style un peu « lourd » elles ont l'avantage de mettre en valeur des aspects peu connus de la pensée biblique que les traductions ordinaires laissent malheureusement un peu de côté. J'ai consulté des experts qui m'ont confirmé que ces traductions des paroles du Christ sont fidèles aux Textes originaux.

Dans ces Textes, le Seigneur nous met en garde contre une mauvaise manière de regarder qui a été fatale à nos premiers parents. Car n'oublions pas que c'est en regardant l'arbre de la connaissance du bien et du mal qu'ils ont été tentés (Gen. 3 : 6.) et ont perdu la possibilité de tendre la main pour manger de l'Arbre de Vie vers lequel ils ne s'étaient pas encore tournés.. Car contrairement à l'arbre défendu, Celui qui est la « Source de la vie » n'était pas agréable à regarder. Il s’élevait comme une faible plante, comme une racine qui sort d'une terre desséchée. Il n'avait rien pour attirer nos regard et son aspect n'avait rien pour nous plaire... Nous l'avons dédaigné... (Es. 53 : 2 et suivants). 

Dès le commencement, dans le jardin, l'homme a démontré qu'il avait des tendances opposées à celles de l'Esprit Divin et il a dédaigné le bon arbre au profit de celui -plus agréable à voir- qui l'a entraîné dans la mort et la séparation d'avec la source vitale. 

« YHWH ne regarde pas comme Adam; Adam regarde par les yeux, mais YHWH regarde l'intérieur. » (1 Samuel 16 : 7.)

Selon ce que nous apprennent les Écritures, le Règne de Dieu ne peut pas être observé avec le regard charnel et physique que nous ont légué nos ancêtres, mais il nous faut apprendre à regarder vers l'intérieur, vers ce qui se passe au fond du cœur, au fond des choses. Reconnaissons tout de suite que, par nature, nous sommes aveugles à cette réalité éternelle et que nous avons besoin du miracle du recouvrement de la vue pour que nous puissions contempler correctement les réalités spirituelles.

« Jésus dit: Je suis venu dans ce monde pour un jugement, pour que ceux qui ne voient point voient, et que ceux qui voient deviennent aveugles. Quelques pharisiens qui étaient avec lui, ayant entendu ces paroles, lui dirent: Nous aussi, sommes-nous aveugles Jésus leur répondit: Si vous étiez aveugles, vous n'auriez pas d'errements. Mais maintenant vous dites: Nous voyons. C'est pour cela que vos errements s'installent. » (Jean 9 : 39-41.)

Le Règne de Dieu s'est approché, mais n'a été manifesté qu'au yeux de ceux qui y sont entrés pas la foi. Rappelons-nous comment notre Seigneur en parlait :

« Mon Règne n'est pas de ce monde... /... actuellement mon Règne n'est pas d'ici bas. » (Jean 18 : 36.)

Mais nous savons qu'il s'établira ici bas de la même manière qu'il est déjà établi En Haut. Nous verrons dans un autre chapitre comment et avec quels moyens spirituels et non terrestres ce Règne s'établira jusqu'à remplir la terre. Mais avant cela, voyons comment il nous est possible de l'appréhender.

Le sens des mots


1) Règne : En grec, le terme « basilea » peut se traduire en français aussi bien par « Royaume » que par « Règne », mais j'ai choisi le terme « Règne » car nous avons tellement dans l'idée que le « Royaume de Dieu » serait seulement situé dans le futur, après notre mort, que nous en oublions souvent que l’Écriture en parle comme d'une réalité déjà présente, même si elle n'aura son plein accomplissement qu'après la résurrection.

Il me semble que c'est à cause de l'incapacité qu'avaient les théologiens à rendre vivantes et présentes les réalités du Règne de Dieu, qu'ils ont fini par le repousser uniquement vers un avenir lointain, post-mortem, alors qu'il s'agit pourtant d'une Réalité vivante éternelle (c'est à dire « hors de notre vue »), qui s'est approchée à portée de main de l'énergique qui y pénètre en force par la foi. (Mat. 11 : 12.). Si les énergiques pouvaient déjà forcer la porte du Règne de Dieu au temps de Jean-Baptiste, nous pouvons évidemment y pénétrer encore aujourd'hui. Le tout étant de bien saisir comment procéder... car il ne s'agit pas de se tromper de porte, ni de royaume !

2) Pénétrer : traduction par Chouraki du verbe hébreu « connaître » qui signifie également « avoir une relation intime » et qui correspond tout à fait au type de relation que Dieu veut établir avec les humains, qui n'est pas limitée à une connaissance intellectuelle et théologique, mais qui est du domaine de la communion et de l'interpénétration. 

3) éternité : En hébreu éternité vient du mot « olam » qui a pour origine le mot « élem » = « hors de vue », « caché ». Dans la pensée hébraïque, ce qui est « olam » c'est donc ce qui échappe à notre vue humaine et ne peut se pénétrer que par la foi. Ce qui est hors de portée de notre vue parce que trop loin dans le temps, dans l'espace, et également hors de la capacité d'appréhension, de notre intelligence limitée. L'éternité est donc ce monde divin qui nous échappe car il est invisible, mais pas uniquement parce que le temps n'y est pas le même que dans la Création (éternité signifiant dans ce cas = « sans commencement ni fin »), mais également parce que nous sommes des êtres finis qui portons notre attention vers une Réalité Infinie... Et d'après ce que nous apprennent les Saintes Écritures le seul moyen d'y entrer fait appel à certains de nos sens mais en écarte d'autres. Paul le résumera très bien avec cette formule qui résume l'ensemble de cette étude:

« nous marchons par la foi et non par la vue. » ( Cor. 5 : 7.).

La vue charnelle fait obstacle à la Vie. 

N'oublions pas que la chute est venue par le regard qui a été posé sur l'arbre de la connaissance : « La femme VIT que l'arbre était bon à manger et agréable à la vue, et qu'il était précieux pour ouvrir l'intelligence; elle prit de son fruit, et en mangea; elle en donna aussi à son mari, qui était auprès d'elle, et il en mangea.  Les yeux de l'un et de l'autre s'ouvrirent ... » (Gen. 3 : 6-7.)

Dès le début de l'histoire humaine, il nous est montré une opposition fondamentale entre la Parole Divine et la vue humaine. Puisque l'homme primordial n'a pas cru la Parole, il s'est appuyé sur son regard et c'est ce qui l'a fait chuter... et voir sa nudité/ruse devant un Dieu auquel rien n'échappe.

Vu sous cet angle, l'interdiction dans le Décalogue de faire des images/représentations des choses et des forces invisibles nous ouvre à une compréhension plus profonde du danger de chercher à « voir » (et à faire voir) par des moyens humains les choses relevant du monde spirituel du Royaume de Dieu :

« Tu n'auras pas d'autres dieux devant ma face. Tu ne te feras point d'image taillée, ni d'image quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre. Tu ne te prosterneras point devant elles, et tu ne les serviras point; car moi, l'Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui punis l'iniquité des pères sur les enfants jusqu'à la troisième et la quatrième génération de ceux qui me haïssent, et qui fais miséricorde jusqu'en mille générations à ceux qui m'aiment et qui gardent mes commandements  » (Ex. 20 : 3-6.).

Cette Parole est forte, puisqu'elle déclare que ceux qui voudraient rendre visibles les réalités éternelles au moyen d'images et d'idoles sont en réalité remplis de la haine du Très Haut et se placent malheureusement ainsi sous Sa malédiction jusqu'à leurs arrières petits enfants ! Mais nous apprenons aussi que ceux qui L'aiment, L'écoutent et gardent Ses paroles sont bénis jusqu'à mille générations. 

C'est ainsi que nous apprenons que le peuple élu n'a même pas attendu la descente des « dix paroles » que Moïse devait leur apporter, mais qu'il a voulu absolument « voir » le Dieu qui marcherait devant eux. Il s'est rassemblé autour d'un « guide spirituel » -en l'occurrence Aaron- afin de le charger de faire une « représentation » de YHWH « le Dieu qui t'a fait sortir d’Égypte. » (Exode 32.). Remarquons bien qu'il ne s'agissait pas d'une idole étrangère, mais bien d'une tentative charnelle de rendre visible la Divinité Éternelle qui les avait délivré. Nous retrouvons malheureusement cette même démarche visuelle avec les idoles et les icônes « chrétiennes » qui charment les yeux, satisfont la chair mais détournent malheureusement le peuple de « l'écoute de la foi », qui est pourtant la seule façon que nous a donné le Père pour avoir accès à la Vie d'En Haut.

Un Dieu invisible mais qui parle

Notre Dieu est Celui de la Parole, du Verbe. La rencontre avec Lui ne se fait donc pas par la vue, mais seulement lorsque nous accueillons sa Parole et qu'elle nous régénère, qu'elle nous fait naître d'En Haut. Comme le décrit très bien l'apôtre Paul : « La foi vient de ce qu'on entend et ce qu'on entend vient de la Parole de Christ. » (Rom. 10 : 17.)



Selon l’Écriture, la foi ne vient donc pas de ce qu'on pourrait voir avec le regard d'Adam, mais bien de ce qu'on entend de la Parole Divine. Les statues et les icônes « chrétiennes » ne sont donc pas des « aides à la foi » comme certains le prétendent, mais bien plutôt des obstacles à l'établissement de la véritable foi qui vient de la réception de la Parole. Car la Parole de YHWH dit clairement que faire des images/représentations de ce qui est dans les cieux est une manifestation de haine contre Celui qui a parlé pour les interdire. 

Un processus de liberté

Pour comprendre un peu le mécanisme en jeu, il est intéressant de savoir que le Créateur a mis en place dans notre cerveau des circuits neuronaux concernant la vue et l’ouïe qui ne fonctionnent pas avec les mêmes processus. La vue ne fait pas appel à notre libre arbitre, mais amène directement dans notre conscience ce que nous voyons. En effet, l'image que nos yeux nous apportent pénètre directement sans filtre dans notre cerveau. Alors que ce que nous entendons passe au travers divers filtres plus ou moins conscients. A commencer par le lobe frontal qui va nous permettre de trier, d'accepter ou de refuser ce que nous entendons. Ensuite nous avons divers processus qui « décryptent » les phrases et nous permettent de leur donner un sens. Dans ce registre, nous devons considérer que la lecture des Textes bibliques obéit au processus de l'écoute plutôt que de la vue, le circuit employé n'étant pas celui de l'image directe, puisqu'il passe par les filtres de liberté et de décision du lobe frontal, qui sont précisément liés à l'écoute. Le passage par le lobe frontal met donc en marche une capacité de liberté de choix qui n'existe pas dans le processus de la vision. En résumant, nous pouvons dire que Dieu a fait en sorte que LA VUE IMPOSE ALORS QUE L'ÉCOUTE PROPOSE.



Ce que nous pouvons mettre en parallèle avec cet Avertissement Divin rapporté par Moïse : 

« Puisque vous n'avez vu aucune image le jour où l'Éternel vous parla du milieu du feu, à Horeb, VEILLEZ ATTENTIVEMENT SUR VOS ÂMES, de peur que vous ne vous corrompiez et que vous ne vous fassiez une idole taillée, une image de quelque idole, la forme d'un homme ou d'une femme, la forme d'un animal qui soit sur la terre, la forme d'un oiseau qui vole dans les cieux, la forme d'une bête qui rampe sur le sol, la forme d'un poisson qui vive dans les eaux au-dessous de la terre.
VEILLE SUR TON ÂME, de peur que, levant tes yeux vers le ciel, et voyant le soleil, la lune et les étoiles, toute l'armée des cieux, tu ne sois entraîné à te prosterner en leur présence et à leur rendre un culte: ce sont des choses que l'Éternel, ton Dieu, a données en partage à tous les peuples, sous le ciel tout entier. Mais vous, l'Éternel vous a pris, et vous a fait sortir de la fournaise de fer de l'Égypte, afin que vous soyez un peuple qui lui appartienne personnellement, comme vous l'êtes aujourd'hui. »

(Deut. 4 : 15-20.)

Nous constatons ici que Dieu se révèle au travers de notre liberté. C'est à nous de choisir comment nous voulons nous approcher (ou nous éloigner...) de Lui. Il nous met donc en garde contre l'emploi du regard pour chercher à l’appréhender et contre les constructions humaines qui sollicitent la « vue religieuse adamique » par des images et des représentations visibles des choses qui sont dans les cieux, sur la terre et sous la terre.

Pour la Bible, derrière les idoles sensées représenter « ce qui est dans les cieux », se cachent des dynamiques perverses qui sont des puissances démoniaques dont nous devons nous garder (Ps. 106 : 37 - 1 Cor. 10 : 19-22.).

Une foi qui sera fondée sur les choses visibles ne sera donc pas le bon moyen de « pénétrer » (traduction Chouraki du verbe « connaître ») les réalités divines (le « olam » hébreu). Pour le dire autrement : la foi dans la Parole Divine est le seul moyen donné par le Père pour nous permettre d'entrer dans le Royaume invisible de Dieu et d'y demeurer jusqu'à son retour. 

Voir « l'image du Dieu invisible » 

Le Créateur est le seul capable de donner à voir une image correcte de la Divinité et de nous la révéler. Il nous l'a démontré en Christ : « Il est l'image du Dieu invisible... » (Col. 1 : 15.). Comme il l'avait annoncé à Moïse, Il a fait passer toute sa bonté en Christ sans que personne n'y voie la Divinité, même ceux qui s'étaient réfugié sous sa main, sous la protection du « Rocher des siècles » ne l'ont pas « vu » dans sa Réalité Éternelle à ce moment là. Ils ne l'ont reconnu dans sa Divinité qu'après son passage (Ex. 33:19-23.). Grâce à ce Texte prophétique, nous comprenons mieux pourquoi la Divinité du Fils n'a été reconnue par les disciples qu'après sa résurrection.



Et pourtant même de cette façon, il est indispensable d'avoir un regard régénéré pour le discerner correctement : « Ainsi, dès maintenant, nous ne connaissons personne selon la chair ; et si nous avons connu Christ selon la chair, maintenant nous ne le connaissons plus de cette manière.  » (2 Cor. 5 : 18.).

Combien il est important que nous comprenions que nous sommes des aveugles pour les choses spirituelles et que nous avons besoin que le Fils nous ouvre les yeux (Jean 9 : 41.) pour nous permettre de « pénétrer » la réalité de son Règne ! 

« parce que nous regardons, non point aux choses visibles, mais à celles qui sont invisibles » ; car les choses visibles sont passagères, et les invisibles sont éternelles. » (2 Cor. 4: 18.)

Après ces explications de l'apôtre Paul, il devient plus facile de comprendre ces paroles du Christ citées plus haut :

« Le Règne de Dieu ne vient pas après un regard. On ne dira point:regarde ici, ou: regarde là. Car regardez, le Règne de Dieu est en vous. ». (Luc 17 : 20.)

C'est en parlant, c'est-à-dire en s'adressant à nos oreilles et au travers d'elles à notre réflexion (« tu aimeras... de TOUTE ta pensée... ») que le Seigneur nous appelle à « regarder au fond » ce Règne Divin qui est en chacun de ceux qui croient et au milieu des rassemblements de ses disciples. Comprenons bien que nous n'y arriverons pas avec un regard psychique qui recherche ce qui impacte les yeux, mais par un regard renouvelé par notre « nouvelle naissance » qui nous permet de « pénétrer » enfin les choses invisibles et éternelles auxquelles Dieu nous fait participer en Christ. Cependant, prenons bien garde de ne pas rechercher cette révélation par des expériences mystiques, par des « illuminations » à la sauce extrême orientale, car nous nous égarerions dans nos visions (Col. 2 : 18.). 

Celui qui nous révèle le Règne Divin, ce n'est pas un Jésus mystique que chacun peut fantasmer à sa sauce, mais selon ce qui est écrit il s'agit de « Jésus-Christ homme » seul médiateur entre Dieu et les hommes (1 Tim. 2 : 5.) et la seule façon de le connaître correctement passe donc par l'écoute des évangiles qui nous témoignent de cette Incarnation qui avait été annoncées dans les Saintes Lettres qui prophétisaient bien longtemps à l'avance son humble venue et la gloire dont elle serait suivie.

« Mais ce qui est spirituel n'est pas le premier, c'est ce qui est psychique ; ce qui est spirituel vient ensuite. » (1 Cor. 15 : 48.)

Lorsque l'Esprit de Dieu est venu changer notre cœur il n'a pas détruit le « vieil homme » psychique, mais il nous a appelé à prendre nous-même possession de Son Règne en faisant disparaître en nous ce qui est charnel pour le remplacer par le nouvel Esprit qu'Il nous a donné. Il y aura donc toujours en nous une tension et un conflit entre le psychique et le spirituel, ce qui implique de se tenir en garde contre certaines de nos vieilles tendances qui peuvent resurgir par moments. C'est dans cette optique que le Christ met en garde ses disciples contre l'envie qui leur prendra à un moment donné de « désirer VOIR l'un des jours du Fils de l'homme ». Il n'en parle pas comme d'une circonstance éventuelle, mais comme une tendance qui les affectera certainement et contre laquelle il leur faudra se tenir en garde. Le danger est réel pour chacun de nous de retomber dans des pratiques rituelles visibles mais mortes après avoir pourtant bien commencé à recevoir la Vie par « l'écoute de la foi »... et nous avons donc à persévérer jusqu'à la fin dans une foi sans vue humaine qui est la démonstration réelle de l'amour que nous portons à « Celui qui parle du haut des cieux » pour notre salut et notre régénération (Heb. 12 : 25.).

« C'est pourquoi, ayant saisi un Règne inébranlable, montrons notre reconnaissance en rendant à Dieu un culte qui lui soit agréable, avec piété et avec crainte » (Heb. 12 : 28-29.) 

Nous étudierons dans un troisième chapitre cet aspect de la tentation par la vue qui est inhérent à la nature humaine et contre lequel le Seigneur nous a précisément mis en garde...

Jean-Luc B



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