samedi 31 décembre 2011

Le temps de la vigilance pour la restauration



Le temps de la vigilance pour la restauration de la force de l’Épouse avant l’arrivée de l’Époux.


Par Eliane Colard



« Veillez donc, puisque vous ne savez pas quel jour votre Seigneur viendra.. » (Matthieu 24/ 42- 44).

C’est ici en gros le thème principal du message consigné dans la lettre à l’église de Sardes : Apocalypse 3. 1 à 6. Ce message a été donné à l’Apôtre Jean de la part de Celui qui est qui était et qui vient, et de la part des 7 esprits de Dieu : A savoir Jésus-Christ apparaissant dans toute la puissance de la perfection divine. Il se tient au milieu des 7 chandeliers d’or avec dans sa main droite 7 étoiles et dans sa bouche une épée à double tranchant : Apocalypse 1.

Dans ce livre de la Révélation, on remarquera une constante au sujet du chiffre 7. Il reflète souvent la « Perfection » dans les choses divines : ainsi 7 chandeliers (églises), 7 étoiles (anges), 7 lampes ardentes appelées encore « flambeaux ardents » ou 7 Yeux (les 7esprits de Dieu). Cette idée de perfection, l’ennemi tente parfois de la copier dans un but de séduction comme nous en avons l’exemple dans la symbolique des 7 têtes de la bête et ses sept diadèmes ou couronnes (Apocalypse 12).

Le jugement du Seigneur envers l’église de Sardes semble sévère. Elle est visiblement la seule à recevoir une analyse entièrement négative au sujet de ses œuvres : « Je n’ai pas trouvé tes œuvres parfaites devant Dieu » ou encore selon d’autres versions : « Car j’ai remarqué qu’aucune de tes actions n’étaient parfaites aux yeux de mon Dieu ».

Nous avons coutume de penser que l’église qui reçoit le plus de reproches parmi les 7 est celle de Laodicée ; et nous en concluons que c’est celle qui est particulièrement concernée par l’apostasie annoncée pour les temps de la fin.


Cependant, je suis arrivée à la conclusion que ces deux églises de Sardes et Laodicée, présentent toutes deux les caractéristiques des temps de la fin. En effet, si on peut dire que nous sommes dans le temps de Laodicée, d’une certaine façon nous sommes aussi à la fois dans le temps de Sardes. Laodicée correspondrait à un temps « Chronos » du monde marqué par les caractéristiques de ce siècle dans lequel nous sommes parvenus avec tous ses artifices, son confort et son faste apparent qui conduisent peu à peu l’Église à accepter que les principes du royaume de Dieu puissent se confondre avec ceux de ce monde. Ainsi on ne sait plus très bien si c’est le monde qui a intégré l’église ou si c’est celle-ci qui a finit par intégrer en elle le monde et ses principes. Laodicée correspond ainsi à un état de déchéance spirituelle de l’Église, visible et perceptible par tout œil exercé à reconnaître les vraies valeurs du royaume des cieux. L’église de Sardes correspondrait pour sa part à un temps « Kaïros » de Dieu selon lequel l’église ne se trouverait plus en phase avec le calendrier divin. Cette église correspond dans ce sens à un état de l’Église qui ne serait visible ou perceptible que par Dieu en rapport avec le fil à plomb divin : « Je n’ai pas trouvé tes œuvres parfaites ».

Pour chacune des 7 églises citées à Jean, il semble que le jugement du Seigneur soit juste puisqu’il est en rapport avec l’appel spécifique de l’église en question et ce qu’elle a reçu du Seigneur pour entrer dans cet appel. Aussi, nous sommes en droit de nous interroger sur la raison qui fait que le Seigneur s’attende à trouver à Sardes des œuvres « parfaites » et non simplement des œuvres bonnes, appréciables, ou acceptables comme dans les autres églises. Il est bien entendu que les œuvres de Laodicée ne sont pas non plus trouvées en adéquation avec le fil à plomb de Dieu d’une façon absolue. Mais il ne semble pas que le Seigneur attendait de la part de Laodicée des œuvres « parfaites ». Il attendait plutôt d’elle une sorte de positionnement opiniâtre dans sa marche : « puisses-tu être froid ou bouillant ». Ce que Dieu réprouve à Laodicée, c’est la tiédeur et le manque de caractère qui sont caractéristiques d’un manque d’engagement et de zèle vis-à-vis de Dieu.

J’ai parlé un peu plus haut de la perfection divine représentée par la permanence du chiffre 7 dans ce livre de la Révélation. Or nous constaterons qu’à cette église de Sardes, le Seigneur se présente précisément comme Celui qui a les 7 esprits de Dieu et les 7 étoiles. C'est-à-dire comme celui qui est la plénitude de Celui qui remplit parfaitement tout en tous (Ephésiens 1/23).

L’appel lancé à cette église semble être de veiller jusqu’au retour de l’Époux (Verset 2 : « sois vigilant » et verset 3 « si tu ne veilles pas »). Cet appel est en rapport étroit avec la parabole des vierges de Matthieu 25. Jésus a enseigné qu’à celui à qui il a été beaucoup donné, il sera beaucoup demandé. Et nous savons que Dieu n’exige de nous rien qu’il ne nous ait aussi donné les moyens d’accomplir. Aussi, tout porte à croire que le jugement-verdict rendu par le Seigneur sur cette église est la résultante d’une inadéquation entre ses œuvres et les dons qu’elle a reçu pour entrer dans son appel spécifique. Pour saisir cela, il faut nous attacher à comprendre pourquoi Dieu pouvait s’attendre à trouver dans cette église des œuvres « Parfaites ». Et cette raison se trouve dans la façon dont Jésus est présenté à Jean dans sa lettre adressée
à Sardes : « Voici ce que dit Celui qui a les 7 esprits de Dieu et les7 étoiles ».

Les 7 esprits de Dieu

Si nous lisons Apocalypse 1. 5, nous voyons qu’il est dit de ces 7 esprits de Dieu qu’ils se tiennent devant le trône. Plus loin, Apocalypse 4. 5 les assimile à 7 lampes ardentes ou flambeaux ardents là où Apocalypse 5. 6 les assimile à 7 yeux (même réalité). Ceci nous renvoie à la définition de Zacharie qui les voit aussi comme les 7 yeux de l’Éternel envoyés pour parcourir toute la terre : (Zacharie 4. 10). Le contexte de ce passage se situe en amont en Zacharie 3. 9, car cette pierre montrée prophétiquement à Zacharie n’est autre que l’Agneau immolé d’Apocalypse 5. 6 possédant 7 cornes et 7 yeux : c'est-à-dire Christ la Pierre angulaire sans laquelle aucun édifice spirituel voulant se construire selon les mesures divines ne peut valablement tenir.

Apocalypse 4.5 dit que les 7 esprits sont appelés « 7 lampes ». Mais il ne s’agit nullement ici des7 chandeliers d’or que sont les 7 églises suivant les indications données à Jean par l’ange (Apocalypse1/ 20) bien que l’utilisation des deux termes puisse le laisser croire. Pour éclairer, les chandeliers dépendent de l’entretient et du niveau d’huile dans les conduits. Or les lampes qui brûlent devant le trône sont définies comme « ardentes » par l’ange dans le sens où elles brûlent en permanence : c’est leur nature. Ceci est en rapport avec un ministère de veille permanente (qui est l’appel spécifique de l’église de Sardes), alors que les 7 chandeliers sont exhortés à veiller comme si n’était pas un fait naturel ni permanent. Néanmoins, ces 7 lampes ardentes ont un lien étroit avec ces 7 chandeliers (les églises) dans la mesure où la lumière ardente des premières va alimenter les secondes en fonction de l’obéissance du peuple saint aux exigences des 7 esprits et en proportion de l’action de mise en lumière opérée par les 7 yeux sur les œuvres de ces 7 églises. Ces 7 sont ainsi les 7 yeux de Jésus-Agneau de Dieu qui comme de véritables flammes de feu sont à l’œuvre dans les églises dans le but de mettre en lumière la nature de leurs œuvres afin qu’elles aient à se réformer au temps convenable (Kaïros). C’est le fil à plomb spirituel.

Mais ces 7 sont aussi et surtout 7 déclinaisons de la puissance de Dieu à l’œuvre dans l’église pour la manifestation sur terre du royaume de Dieu. Il s’agit des 7 esprits de Dieu définis selon Ésaïe 11. Ces 7 esprits sont à l’image d’un chandelier immense (constitué de 7 lampes ardentes) symbolisant la présence de Dieu en mouvement sur la terre. L’Esprit de l’Éternel ‘(Ésaïe 11. 2) qui représente la lumière à l’état pur se trouve être la colonne centrale au milieu de 6 ramifications émanant de lui pour l’éclat de la gloire de Dieu. Les 6 ramifications prennent leur source en cet endroit pour alimenter en lumière ardente les 7 chandeliers que sont les églises représentant le Corps de Christ sur la terre (vous êtes la lumière du monde). Les 6 ramifications de l’Esprit de l’Éternel sont : l’Esprit de crainte de l’Éternel, l’Esprit d’intelligence, l’Esprit de conseil, l’Esprit de sagesse, l’Esprit de force et enfin l’Esprit de connaissance de l’Éternel. Ces 7 esprits alimentent de leur nature chacun des chandeliers-églises. Ainsi par exemple l’Esprit de l’Éternel colonne centrale alimente l’Église d’Éphèse qui est celle qui parmi les 7 avait reçu une plénitude de révélation concernant le plan de Dieu. Dans mon premier livre, je parle des 7 révélations données à cette église d’Éphèse.

La mention de Jésus apparaissant à Sardes comme celui qui a les 7 esprits de Dieu est en rapport avec le don fait à cette église d’une vision étendue pour une pleine connaissance de la volonté de Dieu en ce qui concerne les exigences de son royaume. Le travail de ces 7 yeux-esprits de Dieu se combine parfaitement avec l’action des 7 étoiles (anges) que Jésus tient dans sa main droite. Aussi il est important de voir ce que représentent ces 7 étoiles.

Les 7 étoiles

En Apocalypse 1/ 20, l’ange qui parle à Jean lui révèle le mystère des 7 étoiles en lui disant qu’il s’agit des anges des 7 églises. Ces 7 étoiles sont ainsi 7 anges principaux chargés d’accomplir une action spécifique en rapport avec la nature de chacun des 7 esprits de Dieu dans chacune des 7 églises. Cette action a pour but de faire en sorte que conformément à l’ordre et l’harmonie qui président au royaume des cieux, le royaume de Dieu soit rendu visible sur la terre par l’Église en réponse à la prière des saints (« que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel »).

La compréhension de ce que signifie ici l’apparition de Jésus comme celui qui tient les7 étoiles dans sa main droite ne peut se faire en dehors du contexte du verset d’Éphésiens 1/23 déjà cité plus haut. En effet, il est dit à partir du verset 21 que Christ est assis dans les lieux célestes au dessus de toute domination, de toute autorité, de toute puissance et de toute dignité. Il s’agit ici de créatures célestes dans leur globalité. Paul dans cette même lettre aux Éphésiens dans son chapitre 6 parle du combat à mener contre celles de ces créatures célestes qui s’étant rebellées contre Dieu sont devenues des puissances du mal au service de satan. Mais ces anges déchus ou esprits méchants des lieux célestes ne constituent bien évidemment pas la totalité de ce que l’on peut appeler les armées ou puissances célestes. Éphésiens 1/23 montre que Christ a une domination incontestable sur le monde spirituel angélique. Colossiens 1/ 15 à 17 laisse entendre que c’est par Lui et pour Lui (Christ) que toutes ces étoiles sont montrées dans la main du Seigneur (Apocalypse 1/ 16 et 20) parce qu’elles sont aux ordres de Dieu et à la disposition de Christ pour l’accomplissement de la volonté de Dieu sur la terre comme aux cieux.

Ces étoiles dans la main du Seigneur sont des archanges (chefs ou princes d’anges). La bible n’en nomme clairement que 2 d’entre eux à savoir Michaël et Gabriel. Ces archanges sont des anges de la présence de Dieu situés dans les cieux supérieurs au niveau de l’autel des parfums dans le « Tabernacle Céleste ».

On peut en effet comparer la structure des cieux au Tabernacle réalisé par Moïse dans la mesure où Dieu lui a fait réaliser le modèle précis de ce qui existe dans les cieux. Ce tabernacle comportait 3 parties : le parvis extérieur (qui peut être foulé par tous), le parvis intérieur (avec la cuve d’airain et l’autel de bronze) et le tabernacle proprement dit (composé du lieu saint et du lieu très saint). Selon une autre façon de voir on peut aussi dire que ces trois parties sont plutôt constituées du parvis (extérieur et intérieur), du lieu saint et enfin du lieu très saint.

Quoi qu’il en soit, l’idée de ces trois parties conforte le fait que l’apôtre Paul ait pu parler de 3 cieux. Le récit de l’Apôtre est le seul témoignage clair qui nous permette de conclure que les lieux célestes sont composés uniquement de 3 cieux puisque selon son récit il a été transporté en extase dans le troisième ciel que nous assimilons avec raison au plus élevé de ces cieux. Mais la pensée juive a toujours intégré le concept de 7 cieux qui est somme toute davantage conforme à une structure détaillée du Tabernacle composé de ces trois parties essentielles. On pourrait dire qu’il s’agit des sept niveaux ou étapes intégrés dans ces trois parties essentielles.

Ces sept étapes ou niveaux seraient composés :

1°-du parvis extérieur (livré au tout venant),
2°- l’autel des sacrifices et
3°- la cuve d’airain (tous deux situés dans le parvis intérieur)
4°- la table des pains de proposition
5°-le chandelier d’or et
6°- l’autel des parfums (tous les trois situés dans le lieu saint) et enfin
7°- l’arche de l’alliance et du témoignage située dans le lieu très saint.

On peut croire que si Dieu a montré à Moïse les réalités célestes telles qu’elles sont en lui disant d’en reproduire le modèle, c’est que le Tabernacle Céleste comporte sept étapes jusqu’au trône de la majesté divine symbolisé par l’Arche de l’alliance. Malgré tout, cette structure complexe peut être décomposée comme dit en trois cieux catégoriels tels que l’intelligence humaine ou l’esprit de l’homme soient en mesure d’en apprécier les implications essentielles. Ainsi, le premier ciel correspondrait à celui qui entoure le monde physique, matériel et visible dont la pérennité est liée à un principe d’engendrement. C’est le ciel de la condition humaine qui peut être vu avec les yeux naturels ou scrutés par les moyens technologiques qui permettent d’explorer l’espace. Le second ciel correspondrait au monde des esprits : c’est le ciel de la condition angélique dans son ensemble qui ne peut être perçu que par le moyen d’une vue spirituelle. Enfin le troisième ciel qui est celui où Paul a été ravi, correspondrait dans le Tabernacle céleste au ciel de la condition divine : résidence de la grande gloire du trône de Dieu.

Lorsque Paul parle de la réalité du combat que nous avons à mener non contre la chair et le sang mais contre les esprits méchants dans les lieux célestes, nous comprenons sans que cela soit écrit qu’il parle d’esprits situés dans le second de ces trois cieux. Mais il faut garder à l’esprit qu’il s’agit là d’une classification catégorielle générale et très simpliste. En outre, dans ce type de classification, les anges de lumière qui servent Dieu et les anges ténébreux se trouvent dans la même catégorie qui est celle de la condition angélique générale. Il s’y trouve classifiées toutes les armées célestes citées en Éphésiens 3.10 car comme le dit Colossiens 1. 16, à l’origine c’est par Christ et pour Christ qu’elles ont toutes été créées. Ces textes ne font pas de distinctions entre les armées célestes qui sont restées fidèles à Dieu et celles qui se sont rebellées pour suivre satan. Ainsi, parmi ces armées angéliques indistinctes il y a celles qui sont au service de Dieu pour notre bien et l’équilibre de l’univers et celles qui sont au service de satan pour l’asservissement des hommes et le dérèglement du monde. 

Par conséquent lorsque Paul parle de trois cieux cela ne contredit pas que la structure des lieux célestes suivant le modèle du Tabernacle puisse intégrer sept niveaux différents de cieux jusqu’au trône de la majesté divine.

Mais Paul s’adressait à un peuple qui n’était pas ignorant de détails concernant la sphère du monde angélique de sorte que lorsqu’il leur a cité Éphésiens 6. 10, ses lecteurs savaient de quelles puissances méchantes il parlait. Il ne leur serait pas venu à l’idée de s’étonner que des esprits méchants puissent se trouver dans les lieux célestes. Les chrétiens des premiers temps avaient été pour la plupart baignés dans l’enseignement du Tabernacle et son culte imageant les réalités célestes. Ils étaient tellement renseignés sur la réalité du monde angélique (les juifs ainsi que les païens qui se convertissaient à Jésus-Christ) que nous trouvons dans la bible bon nombre d’avertissements de Paul mettant en garde contre un éventuel culte des anges ou pour réfuter tout nouvel évangile que l’on prétendrait venir de révélations d’anges. Car si on peut dire que Dieu ne veut pas que son peuple soit ignorant sur ces réalités spirituelles qui concernent le royaume des cieux, il faut aussi dire que toute connaissance de ce domaine qui ne serait pas une émanation de l’esprit de révélation de Dieu qui centre sur Jésus-Christ et Lui seul, est susceptible de conduire à l’idolâtrie de démons.

Ceci étant précisé, nous comprenons que les 7 étoiles dans la main de Jésus-Christ sont 7 archanges (ou chefs d’anges) qui sont des régisseurs dans le Tabernacle Céleste qui image aussi bien les diverses positions de l’église. Ces 7 étoiles sont les 7 anges préposés aux 7 églises citées dans cette révélation donnée à Jean. Ainsi, si on peut dire de l’Eglise de Philadelphie (l’église à qui il a été fait une promesse en rapport avec la nouvelle Jérusalem) qu’elle a un contact privilégié avec le trône, (niveau le plus élevé du Tabernacle céleste), il est aussi fréquent d’assimiler l’église de Laodicée à celle qui se trouve de l’autre côté de la « porte » du parvis intérieur de par son comportement de tiédeur. Jésus frappe précisément à cette porte pour ouvrir la possibilité d’un souper réciproque avec elle à l’intérieur du Tabernacle.

Ces 7 étoiles se tiennent dans la présence de Dieu, plus précisément devant Lui (cas de Gabriel : Luc 1/ 19), où elles offrent des prières et du parfum (Apocalypse 8/ 1 à 6). Suivant le schéma du Tabernacle, les Archanges se tiennent ainsi juste à l’autel des parfums (au 6° niveau des cieux) devant le voile désormais déchiré qui fait face au Saint des saints où se trouve l’arche de l’Alliance et du témoignage. Ils sont appelés des « Veilleurs ». Daniel 4. 13 (ou 14 selon version), et 20 les nomme ainsi : les « Veilleurs » les « Vigilants » ou encore « ceux qui viellent » car ils sont chargés de veiller sur le monde physique et spirituel.

Zacharie parle de ce type d’anges de « la présence de Dieu » comme de ceux qui font partie de son conseil décisionnel (Zacharie 3/ 7). Ainsi, ce sont certainement eux qui sont chargés d’élaborer les lois qui vont régir et gouverner l’univers en accord avec les exigences de justice et d’équité du Trône. Pour ce faire ils prennent des décrets d’application comme ceci est mentionné en Daniel 4. 17 « Cette sentence est un décret de ceux qui viellent.. ». Ces veilleurs se tiennent devant Dieu et sont donc distincts des anges qui servent au niveau même du trône de Dieu (7° niveau des cieux) : à savoir ceux qui portent le trône (les Chérubims et Séraphims) et ceux qui dirigent ce trône (les Ophanims ou Roues vues par Ézéchiel).

C’est un de ces 7 Archanges décrits par Apocalypse 8 qui sonnera la trompette dont parle Paul en 1 Thessaloniciens 4/ 16. En particulier, en ce qui concerne l’Église, ces Vielleurs sont chargés de veiller sur les perles confiées respectivement aux 7 églises typifiées de l’Apocalypse pour que celles-ci ne perdent pas leurs récompenses. Le dragon-serpent ancien dont parle le texte d’apocalypse12 est décrit comme possédant 7 diadèmes ou couronnes sur ses 7 têtes. Ces 7 couronnes sont 7 esprits impurs de séductions envoyés par l’ennemi de Dieu pour séduire l’Église dans le but de la faire déchoir de son appel à être l’Épouse de Christ et en faire à la place une prostituée telle celle décrite en apocalypse 17 et 18.

La perle destinée par le Seigneur à l’église de Sardes a pour but de libérer en elle un esprit de prière, de louange et de Réveil permanents alimentés par un des 7 esprits de Dieu dont nous identifierons la nature plus loin. La possession de cette Perle doit donner à cette église ce qui est nécessaire pour pouvoir demeurer vigilante jusqu’au retour de l’Époux. Au contraire, le diadème ou couronne de séduction dont l’ennemi cherche à auréoler la tête de cette église a la faculté de libérer en elle des esprits de sommeil, de religiosité, de mort spirituelle et de frilosité par rapport au vrai mouvement de l’Esprit de Dieu, alliés à un mépris du monde spirituel en général, sans oublier la libération simultanée de l’esprit de « faux réveils » responsable de l’apparition de multiples contre feux à une vraie action de l’Esprit de Dieu dans les temps de la fin.

Dans le cadre du Tabernacle, l’église de Sardes semble se situer au 6° niveau des cieux correspondant à l’autel des parfums (siège des Veilleurs). Cet autel symbolise un ministère d’adoration et de prières permanentes et donc de veille spirituelle intense. Aussi, ce n’est pas un hasard que l’appel adressé par le Seigneur à cette église soit un appel à la vigilance nécessaire qui doit être l’attitude de l’Épouse face à l’imminence du retour de l’Époux.

L’Esprit de l’Éternel qui soutient cette église dans cette action spécifique de veille est (parmi les 7 esprits de Dieu), l’Esprit de force de l’Éternel qui combat efficacement les diadèmes séducteurs de l’ennemi que sont les esprits de sommeil, de mort spirituelle, de religiosité ainsi que cet esprit de faux réveils chargé de contrefaire la vraie vie de résurrection. Parmi les diadèmes de séduction envoyés par l’ennemi à cette église, on trouve en effet un esprit de contrefaçon chargé d’envoyer dans les temps de la fin de faux réveils à ceux qui dorment en leur faisant croire à la présence de la Vie émanant du trône alors que l’on est manifestement en présence de la Mort sous un des ses aspects les plus virulents : « Je connais ton activité, je sais que tu as la réputation d’être vivant alors que tu es mort ». L’Esprit de force de l’Éternel n’est libéré que sur les enfants de Dieu qui se soumettent au Saint Esprit pour être des vainqueurs de ces séductions.

Pour en revenir au lieu de situation de cette église dans le cadre du Tabernacle céleste, il y a lieu de préciser que si l’autel des parfums symbolise une vie de prière intense, celle-ci est aussi caractérisée par sa pureté. Ce parfum qui monte vers Dieu ne souffre en effet pas le mélange. Dieu ne veut pas de feu étranger devant sa face.

Lorsque le peuple de Dieu, ne respectant pas cette condition d’interdiction formelle du mélange persiste à faire monter un feu étranger, il se dispose à recevoir en retour un mélange d’onction qui attire les mouches mortes: Ecclésiaste 10 « les mouches mortes infectent et font fermenter l’huile du parfumeur ». Il s’agit ici d’esprits de démons qui vont manifester une présence contrefaite de la gloire de Dieu. On est alors bien en présence d’une sorte d’onction, mais on n’y sent pas la bonne odeur des plantes spirituelles aromatiques composées selon l’art du parfumeur divin. L’huile qui coule à ce moment-là n’est pas une huile d’onction sainte mais une huile mélangée et infectée de mouches qui descendent en réponse au feu étranger offert.

Si l’on peut dire que tous les autels ne sont pas dédiés à Dieu, on doit aussi comprendre que toutes onctions ne viennent pas forcément de Dieu : l’ennemi a aussi ses « oints ». L’onction de Dieu répond toujours à des conditions précises de sainteté et cela ne dépend pas de l’Alliance dans laquelle nous sommes, mais de la personne de Dieu qui est Sainte.

La mention de Jésus apparaissant ici à Jean comme Celui qui tient dans sa main droite les 7 étoiles, est en rapport étroit avec le don à l’église d’une instruction étendue sur les richesses du royaume des cieux et les exigences posées par Dieu pour que la réalité de son royaume sur la terre soit rendue conforme aux décrets célestes décidés dans les cieux. Dieu n’a jamais voulu que l’église soit à l’image d’un temple composé de Pharisiens spirituellement stériles qui tout en connaissant parfaitement Sa loi se trouvent déconnectés de la source de vie qui jaillit du trône. Il a plutôt voulu que l’église dispose de tout ce qui est nécessaire à une saine compréhension des principes qui régissent le royaume des cieux et toute son économie, de telle sorte que lorsque tout est en phase dans l’obéissance de l’église, les cieux soient en mesure d’exaucer la terre ( Osée 2/ 23). La volonté de Dieu est que nous soyons à l’image du scribe instruit (Matthieu 13/ 52) sur les réalités éternelles qui permettent de libérer la manifestation de la vie là où règne la mort.

C’est dans la mesure où l’église typifiée par Sardes néglige cet aspect du don de Dieu pour l’accomplissement de son appel que Jésus peut aussi dire à juste titre : « je sais que tu passes pour être vivant mais tu es mort. »

La lettre adressée à l’église de Sardes est une lettre sévère mais pleine d’avertissements cruciaux pour notre temps. Sardes représente l’état de l’église à la veille du retour de Jésus comme Époux. L’église peut aujourd’hui être considérée comme ayant reçu de Dieu tout ce qui est nécessaire à un ministère de veille ou de vigilance spirituelle efficace. Il lui a été donné tout le nécessaire pour vivre de la vie de Dieu et ainsi être prête à accueillir l’Époux : à savoir l’action des 7 esprits de Dieu (pour agir sur l’émergence d’un caractère pur en rapport avec la sanctification de l’Épouse de l’Agneau) combinée avec le ministère des 7 étoiles (pour agir sur l’émergence d’un ministère permanent de veille caractérisant les vierges sages qui sont trouvées prêtes à l’arrivée de l’époux). Et pourtant il est manifeste dans cette lettre à Sardes que cette église qui a beaucoup reçu n’est pas en état d’accueillir le retour de l’époux, parce que ses œuvres ne sont pas trouvées « parfaites ». Cette église ne veille plus, elle dort ou est prêt de mourir. A cause de cela, ceux qui la composent et qui sont trouvés tels risquent de voir leur nom effacé du livre de vie (Apocalypse 3. 5). Le Seigneur dit qu’il n’a pas trouvé ses œuvres parfaites : les œuvres sont là, mais vue l’appel de cette église et la mesure de l’onction divine reçue pour y entrer, les œuvres auraient du être non pas simplement existantes voire bonnes, mais « justes et parfaites » de façon à constituer le « fin lin pur » qui distingue l’Épouse d’Apocalypse 21 de la Prostituée d’Apocalypse 17 et 18.

Pour ce qui est de ce fin lin PUR et de ce qu’il symbolise ici, il est dit que le Seigneur ne trouve dans cette église que quelques uns qui n’ont pas souillé leurs vêtements et qui de ce fait marcheront avec lui en vêtements blancs. Autrement dit, ceux dont les vêtements ne seront pas trouvés blancs au retour de l’époux ne passeront pas par la porte ouverte dont le Seigneur parle en Matthieu 25/ 10 et Apocalypse 3/ 8. Seules y entreront les vierges sages qui sont à l’image de l’église de Philadelphie.

Dans la parabole des vierges en Matthieu 25, les vierges folles devant qui la porte se ferme ne sont pas pour autant tout de suite destinées à aller là où il y a des pleurs et des grincements de dents puisqu’elles étaient également des « vierges » qui attendaient l’Époux. Leur sort peut être comparé à celui de l’église de Smyrne qui représente prophétiquement ceux qui n’ayant pas été trouvés au retour de l’époux avec des vêtements blancs seront obligés de passer par la persécution de 10 jours pour laver leurs vêtements et gagner leur couronne (Apocalypse 2/ 10) : cette couronne que Philadelphie n’a pas à gagner mais à garder (Apocalypse 3/ 11).

La lettre à l’église de Smyrne sera d’ailleurs un puissant encouragement pour les vierges folles après la fermeture de la porte suite au retour inopiné de l’Époux. Au cours de cette persécution de 10 jours (qui est certainement une période aléatoire), celles de ces vierges folles qui auront été en mesure d’être fidèles au témoignage du martyr, seront sauvées au travers du feu ; les autres perdront leur couronne et feront partie de ceux de Sardes dont le nom sera effacé du livre de vie (Apocalypse 3/ 5) : ils passeront par la seconde mort.

Ainsi, on peut dire que l’église de Sardes est dans ce temps Kaïros défini par Dieu comme une sorte de carrefour ouvrant sur trois positionnements donnant respectivement naissance à trois types de chrétiens à la veille de l’arrivée de l’Époux :

1- Ceux qui sont en possession des vêtements blancs faits du fin lin pur de l’Épouse : leurs œuvres sont en adéquation avec les exigences de l’Esprit de Dieu (ils sont typifiés par Philadelphie). Ceux-ci marcheront avec l’Époux partout où il ira (Apocalypse 3/ 4 ; Apocalypse 14/ 1 à 5) ce sont aussi les vainqueurs d’apocalypse 12/ 11.

2- Ceux qui auront été en mesure de laver leur robe au travers de la persécution de 10 jours (Apocalypse 7/ 13 à 14) : ils sont typifiés par ceux de Sardes qui auront réussi à gagner leur couronne en restant fidèles jusqu’à la mort pour le témoignage de Jésus.

3- Ceux qui parce qu’ils auront aimé leur vie propre jusqu’à craindre la mort n’auront pas gardé la parole du témoignage face à la violence de cette persécution : ils passeront par la seconde mort.

La lettre à l’église de Sardes est un avertissement de vigilance pour nous aujourd’hui. Mais c’est aussi un encouragement pressant à demander à Dieu un déploiement ultime de son Esprit de force pour la restauration de ce qui est prêt de mourir au milieu de son peuple. Une partie de l’église est aujourd’hui à l’image de Samson à la veille de sa mort (Juges 16). Samson est mort parce qu’il a été livré aux Philistins qui l’ont lié puis crevé les deux yeux. Mais cela ne s’est pas fait instantanément. Cette mort a été la conséquence d’une succession d’événements qui sont là pour nous servir d’enseignements à nous qui sommes parvenus à la fin des temps. 

Samson était un Naziréen consacré à Dieu ; or c’est l’appel de l’église d’être mise à part pour Dieu dans sa consécration. Samson était revêtu de la force de Dieu qui lui venait du fait que le rasoir ne passait pas sur sa tête. Il avait en effet 7 tresses qui représentaient la plénitude de la puissance de l’Esprit de Dieu reposant sur lui. Ces 7 tresses sont caractéristiques des 7 esprits de Dieu à l’œuvre au travers de Son peuple. Samson était de façon exceptionnelle revêtu de l’Esprit de force de l’Éternel (Esprit de l’Éternel chargé aussi d’alimenter en huile le chandelier de l’église de Sardes). 

Les Philistins ont pu s’emparer de lui parce qu’il s’était laissé séduire par Délila qui l’avait endormi. Délila symbolise ici le diadème de séduction qui libère dans l’église des esprits de sommeil, de léthargie et de laxisme par rapport aux exigences de Dieu afin d’endormir peu à peu le peuple saint. Samson s’est confié dans sa force pour se sortir d’affaire au lieu d’obéir strictement à Dieu à qui il était consacré. Dès lors, la séduction de l’ennemi avait le champ libre pour opérer dans sa vie. L’étape suivante a été que Samson qui s’est ainsi soumis à l’esprit opérant en Délila, a finit par révéler à celle-ci la source de sa force. C’est ainsi que sa force fut brisée parce que Dieu s’était retiré de lui en réponse à sa désobéissance. L’exigence que le rasoir ne passe pas sur sa tête ne constituait pas un acte magique mais un signe devant manifester publiquement le droit de propriété de Dieu sur lui en rapport avec son obéissance au regard de la permanence de cette marque sur sa tête.

Délila est un type de l’ennemi de Dieu qui cherche à briser la force du peuple saint pour le faire déchoir de son appel à être l’Épouse sanctifiée de l’Agneau. Il commence par le séduire dans le but de l’endormir. Puis, c’est alors qu’il réussit à lui ôter sa force en lui coupant ses 7 tresses : l’ennemi réalise cela dans l’église en envoyant des faux signaux de réveils aux vierges endormies et en transformant le peuple de Dieu en un peuple sans espérance spirituelle en rapport avec le royaume des cieux tel que Jésus en parlait aux disciples durant son ministère terrestre.

Une fois l’église privée de la lumière des 7 lampes ardentes, elle en vient à perdre toute conscience de son appel et de sa vocation céleste. Le but poursuivi par l’ennemi en la privant des 7 esprits de Dieu est de la couper du trône. Car quand l’Esprit de Dieu n’est plus agissant dans l’église pour la maintenir dans l’axe de son appel, les 7 étoiles sont rendues impuissantes dans leur ministère spécifique en faveur des églises. Ce ministère dépend comme nous lavons vu de la soumission du peuple saint aux exigences des 7 esprits de Dieu. La conséquence de l’extinction progressive des 7 lampes ardentes est que les cieux ne sont plus en mesure d’exaucer la terre. Et à l’instar de Samson, l’église se retrouve avec les yeux spirituels crevés et plongées dans d’épaisses ténèbres.

Mais aujourd’hui c’est un temps Kaïros où Dieu appelle ses élus qui ne sont pas destinés à la mort, à crier à Lui pour que les 7 tresses repoussent afin qu’il soit trouvé dans Sardes un peuple de vainqueurs capable de pulvériser les colonnes que l’ennemi a érigé à l’intérieur du temple de Dieu.


Eliane Colard


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